Les délices de Tokyo

De Naomi Kawase
Film franco-germano-japonais
Avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida

L'histoire:

Sentaro tient une petite pâtisserie qui vend des Dorayaki, ces petites crêpes fourrées aux haricots rouges sucrés. Un peu à contre cœur, car il n'aime pas les dorayakis mais a besoin de ce boulot pour payer ces dettes. Il cherche un employé et voilà que se propose une vieille dame de 76 ans qui dit avoir toujours rêvé de faire ce métier et lui propose sa candidature. Il veut d'abord l'éconduire mais après avoir gouté sa pâte de haricots azuki, extraordinaire, il se sent obligé de changer d'avis. La vieille dame est un peu folle, et a des méthodes de cuisinière bien particulières, mais la réputation de ses dorayakis se répand dans tout le quartier et on vient faire la queue devant le magasin. Parmi les clients, il y a Wakana, une jeune collégienne complexée qui sympathise avec la vieille dame. Mais les mains un peu difformes de celle ci vont alimenter de mauvaises rumeurs qui vont venir bientôt ternir le tableau...



Mon avis:

Au premier abord ce film parait prévisible et classique: la vie morne d'un homme endurci est ravivée par la naïveté et la joie de vivre d'une vieille dame, sous fond de tradition oubliée et de transmission de flambeau inter-générationnel. Et puis l'histoire prend un tournant différent, plus dramatique, plus politique sur la société japonaise qui a tendance à oublier les fautes du passé. Il y a aussi beaucoup de poésie dans l'évocation de la lune et des cerisiers qu'il faut admirer en toute saison, au printemps, en été et à l'automne... Tout comme il faut écouter les grains d'azuki nous raconter leur voyage du champ au chaudron.
Le film devient néanmoins larmoyant à la fin, mais cette belle histoire m'a conquise...

Ma note:




Bon film!

Les huit salopards

De Quentin Tarantino
Film américain
Avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Michael Madsen, Tim Roth, Demian Bichir, Bruce Dern, Channing Tatum

L'histoire:

L'hiver sur la route d'une petite ville du Far West nommée Red Rock. Le Blizzard force la diligence de John Ruth à s'arrêter pour 2 jours dans le relai de Minnie. Ça ne l'arrange pas car John, chasseur de prime, a pour mission de ramener une dangereuse criminelle à Red Rock pour qu'elle soit pendue et qu'il touche sa prime. Il a peur que d'autres cowboys, membres du gang de cette Daisy Domergue, ne cherchent à la libérer. En effet il ne va pas être seul dans ce relais: sur le chemin il rencontre un autre chasseur de prime, le noir Marquis Warren, qui lui charrie des corps de criminels et qui a perdu son cheval. John Ruth accepte d’accueillir celui ci dans sa diligence mais reste méfiant, même si il sait que Marquis porte sur lui une lettre du président Lincoln, dont il aurait été le confident. Et quelques mètres plus loin, c'est Chris Mannix, le fils d'un ancien renégat sudiste qui fait du stop sur la route, lui aussi lâché par son canasson. Il prétend être le nouveau shérif de Red Rock, en route pour prendre ses fonctions. Voilà tout ce petit monde qui arrive au relai, mais ils sont surpris de voir que Minnie n'est pas là, et qu'elle aurait confié son relai à un employé méxicain. 3 autres voyageurs sont là, dont l'un dit être le nouveau bourreau. Mais Marquis et John Ruth commencent à avoir de plus en plus de doutes sur l'identité des personnes présentes. L'un d'eux ment. L'ambiance devient pesante, d'autant plus que de ce coté ci de l'Amérique on n'aime pas trop les noirs, et que les disputes ne vont pas tarder à éclater...



Mon avis:

J'avais entendu des voix dissonantes de critiques sur le nouveau Tarantino, certains prétendant que le film parlait trop et était de ce fait lent et ennuyeux, d'autant plus qu'il dure plus de 2h30. Mais je ne sais pas pourquoi moi ça ne m'a pas paru ainsi: je ne me suis pas ennuyé un instant et ces 2h30 ont passé très vite! Peut être aussi parce que je m'attendais au pire, après avoir lu ces critiques.
Bon, d'accord, j'avoue que certains rebondissements, les histoires à répétitions sur le passé de chacun des personnages, par exemple le flashback sur l'assassinat du fils du général nu dans la neige, et la fusillade qui s'ensuit, il y a pas mal de choses qui paraissent inutiles ou superflues, et que ça complexifie pour rien l'histoire.
Mais mine de rien le suspens est là, l'ambiance et l'histoire sont bien foutues, chaque personnages est travaillé au corps et trouve sa place dans un jeu d’échec à la fin inévitablement sanglante. Comme toujours les acteurs sont très bien choisis, y compris ceux à qui l'on donne un rôle de cette trempe pour la première fois, comme Walton Goggins.
Et en plus, ça reste un film original dans la filmographie du réalisateur, un huis clos aux allures de Cluedo plutôt que ressemblant à un simple hommage au western spaghetti.


Ma note:








Bon film!


Le garçon et la bête

De Mamoru Hosoda
Film japonais

L'histoire:

Dans le monde des hommes, Ren a 9 ans et erre seul dans les rues de Tokyo après le décès de sa mère et étant sans nouvelles de son père.  Mais il y a un autre monde caché derrière celui des hommes, Jutengai. Dans ce monde les bêtes vivent en paix dans l'espoir de devenir un jour des dieux-esprits. Et le moment est justement arrivé pour le chef des bêtes de se réincarner en esprit. Mais avant cela il doit se trouver un  successeur. Les deux bêtes susceptibles de prendre sa place sont bien différente: Iozen est une bête respectée et calme, père de famille et maître de plusieurs disciples. Kumatetsu est une bête têtue, solitaire et roublarde. Les deux sont prêts à s'affronter mais avant cela, le chef exige que Kumatetsu trouve un disciple. Et voilà que sur un coup de tête il vient chercher Ren, et qu'il l'emmène à Jutengai. Les relations entre maitre et élève commencent très mal, les disputes s'enchainent mais petit à petit les 2 bêtes sauvages s'apprivoisent. Devenu adolescent et habile du sabre, Ren - renommé Kyuta - exprime le souhait de retourner parmi les hommes pour y apprendre à écrire et rencontrer son vrai père. Il y rencontre la jeune Kaede avec qui il tombe amoureux. Mais le grand combat entre Iozen et Kumatetsu va commencer, et il sera peut être perturbé par le jeune fils de Iozen, qui comme Kyuta semble posséder d'étranges pouvoirs...




Mon avis:

Ce qu'il y a de bien dans les productions japonaises, c'est que parfois on tombe sur quelque-chose plein de fraicheur et d'originalité, où les auteurs ont tenté d'aller chercher leurs idées là où on ne les attendrait pas, et souvent dans la culture traditionnelle nippone. C'est le cas de cette histoire où tout un univers de bêtes humaines est inventé et où les personnages ne sont pas si simplistes: le maître est un mauvais professeur et le disciple un mauvais élève.
Je regrette par contre la fin surdramatisée. Ça aussi c'est quelque-chose qu'on voit souvent dans les anime japonaises: les personnages baissent la tête, grincent des dents et ferment les yeux, puis disent merci ou une phrase dans laquelle ils expriment des émotions, et les autres ouvrent la bouche de stupeur et font "Ha... Massaka". Dans d'autres films du même réalisateur ça ne m'avait pas gêné mais là ça m'a un peu agacé. Je trouve que ça fait perdre de la puissance au film. Dommage.

Ma note:



Bon film!


The big shot

De Adam McKay
Film américain
Avec Christian Bale, Steve Carell, Ryan Gosling,Brad Pitt, John Magaro, Finn Wittrock

L'histoire:

Ce sont 3 histoires de traders qui avaient vu venir avant tout le monde le crash des subprimes en 2007. Chacun de leur côté, persuadé que les obligations sur le marché immobilier allaient bientôt chuter, ils ont décidé de parier à la baisse sur ce marché... Un marché que l'on dit sûr à 100%, mais qui s’avérera n'être qu'une grosse fumisterie, où personne n'agit de manière responsable afin de s'en mettre plein les poches. Alors a commencé l'attente du fameux crash qui les rendra riches mais leur laissera le goût amer d'un marché pourri jusqu'à l'os. Chacun de ces personnages n'a pourtant rien à voir avec le héros au grand cœur: il y a là un petit génie excentrique qui vit pieds nus dans son bureau en écoutant du hard rock à fond, un homme nerveux et dégoutté du système qui se noie dans le travail et s'énerve pour un rien, un jeune intermédiaire aux dents longues, un couple de jeunes gens pleins d'ambitions qui souhaitent se faire un nom, aidés d'un vieux trader plein d'amertume.




Mon avis:

Je ne sais pas trop que penser de ce film.
D'une part c'est une belle histoire, avec de sacrés personnages brillamment interprétés par des acteurs de talent. D'autre part il y a cette réalisation très cynique, condescendante et assez tape-à-l’œil, où le réalisateur cherche à donner du pep's à son film en interposant des scènes de clip vidéo, d'images d'actualité ou de plein d'autres images à toute vitesse et à tout moment. Ou en ponctuant par des citations qui apparaissent à l'écran, ou encore quand les personnages s'arrêtent font un aparté à la caméra "Et maintenant les règles du marché obligataire vont vous être expliquées par une jeune fille toute nue dans son bain.", suivi de la scène en question. Au début ça m'a franchement agacé , après on s'habitue un peu. Ça m'a fait penser à un documentaire de Michael Moore, sauf que ce genre de séquences marche mieux dans un documentaire que dans une histoire romancée.
Au final le film vaut le coup d'être vu, mais bon....

Ma note:



Bon film!


Je compte sur vous

De Pascal Elbé
Film français
Avec Vincent Elbaz, Julie Gayet, Zabou Breitman

L'histoire:

Gilbert est un arnaqueur né, mais le voilà exilé en Israël en compagnie de son jeune frère, de son fils et de sa femme à qui il a promis d'arrêter les conneries. Mais voilà c'est plus fort que lui. A l'aide d'un téléphone, il appelle au hasard un employé d'une banque française et se fait passer pour le PDG ou un agent de la DGSE dans le but caché d'amener l'employé naïf à sortir de l'argent de la banque et à le lui remettre. Ça marche mieux que prévu et l'argent coule à flot. Malgré les efforts de la police française, ses téléphones sont non repérables. Mais il a besoin de créer des comptes fictifs afin de blanchir son argent, et va devoir s'adresser pour cela à la pègre locale. Tout marche comme sur des roulettes mais pourra-t-il s'arrêter avant de se griller les ailes?



Mon avis:

Je m'attendais à quelque chose de plus enjoué, de plus comique, de plus cynique. Ou au moins à quelque chose d'original. Au lieu de ça le film reste pesant, dramatise trop certains aspects du personnage, manque de rythme ou de suspens aux moments adéquats, etc... On dirait que le réalisateur n'a pas su sous quelle angle aborder l'histoire. Pourtant c'est un super bon sujet! Je ne peux pas m'empêcher de penser à ce qu'auraient pu en faire des réalisateurs comme les frères Coen ou Spielberg (genre "Attrape moi si tu peux"). Dommage...
Le film n'est pas si mal grâce au talent des acteurs, Vincent Elbaz en tête et même les acteurs qui jouent les rôles des victimes sont très convaincants. Mais bon... un peu déçu quand même.

Ma note:



Bon film!

Star wars: le réveil de la force

Réalisé par J.J. Abrams
Film américain
Avec Daisy Ridley, John Boyega, Adam Drive

L'histoire:

Malgré les tentatives de la république de rétablir l'ordre dans la galaxie, un groupe armé nommé le premier ordre, mené par le guerrier Sith Snoke et son acolyte Kylo Ren, fait de plus en plus parler de lui, grâce à ses armées et son arme cachée: un canon immense greffé sur une planète, capable comme jadis l'étoile noire de détruire des planètes. La résistance sous le commandement de la commandante Leia Organa cherche à retrouver l'espoir en se mettant à la recherche de Luke Skywalker, le dernier des Jedi. Celui ci, après avoir été trahis par l'un de ses élèves passé du coté obscur de la force (Kylo Ren), s'est isolé loin de tous. Le pilote Po est envoyé sur la planète de sable Jakku afin de récupérer un plan permettant de mener à la cachette de Luke. Mais il est attaqué et ne doit sa survie qu'à la désertion d'un jeune soldat du premier ordre, Finn. Les deux gars atterrissent en catastrophe sur Jakku et se retrouvent séparés. Quand au plan, il a été confié au petit droïde BB8 qui, perdu dans le désert, est adopté par Ray, une jeune fille abandonnée sur Jakku et qui vit de brocante diverses. Elle rencontre Finn par hasard et les voilà à nouveau poursuivis par les gardes du premier ordre. En prenant la fuite, ils volent un vieux vaisseau abandonné, qui se trouve être le légendaire faucon Millenium. Et son propriétaire, Han Solo, les rejoint. Il a abandonné la résistance et sa femme Leia pour redevenir contrebandier, après que leur fils soit passé du coté obscur de la force. Mais il va bien être obligé de renouer avec le passé afin d'aider Finn et Ray dans leur quête...



Mon avis:

J'ai mis un peu de temps avant d'aller voir le film, afin de laisser un peu passer la foule. Au final, j'ai trouvé ce film pas mal même si bien sûr ce n'est pas mon préféré de la série. Et j'ai aussi été déçu en même temps...
Le fait est qu'il y a plein de points positifs: les nouveaux personnages sont attachants et bien pensés, dans la lignée de ceux créés par Lucas dans la trilogie originelle. On peut regretter que seul des personnages humains soient intégrés et pas de Yoda ou JarJar Binks. Et puis le fait que reviennent Han, Leïa, Chewie et nos 2 droïdes préférés est logique, mais du coup ils n'apparaissent que comme des seconds rôles, ce qui m'a un peu gêné. En fait on a l'impression que le film est tellement fait par des fans de la première trilogie que l'on fait plein de clins d’œil parfois gratuitement sans que cela fasse avancer l'histoire.
Il y a beaucoup d'action et de combats, peut être au dépend d'autre éléments plus classiques du récit, comme par exemple la découverte de nouvelles planètes comme coruscant ou Naboo, ou même l'explication de ce qu'est devenu la république et même de qui sont les méchants. Et puis certaines idées sentent quand même le réchauffé, avec une nouveau type d'étoile noire (comme si les méchants ne pouvaient pas inventer quelque-chose de nouveau pour prendre le pouvoir) et puis à nouveau des Jedi devenant guerrier Sith parce que pervertis par des méchants inconnus. Enfin bon, peut être que je suis déçu parce que moi aussi je suis fan et que j'ai peur qu'en rajoutant plusieurs nouveaux opus à une saga que j'aime on finisse par diluer l'intérêt sacré que j'y porte. Donc j'ai peu d'enthousiasme en fait.
Une chose est sûre c'est que ça m'a donné envie de revisionner les autres films...

Ma note:



Bon film!