Malavita

Réalisé par Luc Besson
Film américano-français
Avec Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Tommy Lee Jones

L'histoire:

La famille Manzoni débarque dans un village paumé de Normandie. Voilà plusieurs années qu'ils sont cachés par le FBI suite au témoignage de Gio lors d'un procès contre la Mafia. Les ex associés de Gio ont mis sa tête à prix: 2 millions de dollars. Mais malgré la surveillance de l'agent Stanfield, les Manzoni ont de vieilles habitudes tenaces: le jeune Warren alimente des trafics en tout genre et devient le caïd du lycée, sa sœur Belle tabasse des gars un peu trop pressants et tente de séduire un garçon plus âgé, et Gio afin de faire réparer la tuyauterie de la maison dégomme un gars par ci par là. Seule la mère, Maggie, tente d'organiser leur vie pour que tout aille pour le mieux. Mais lorsque Gio trouve une machine à écrire et tente d'écrire ses mémoires, il commence à se pauser des questions sur sa vie...



Mon avis:

Un film assez...correct.
On ne peut pas dire que cela soit le meilleur Besson. Certains aspects du film sont réussis, comme les rapports dans cette famille très spéciale, où les valeurs sont bien particulières mais où transparaît de l'humanité et de l'amour: on n'hésite pas à tuer l'épicier qui vous a vendu du poisson pas frais mais on est gentil avec le voisin lorsqu'il vous parle de ses roses. Robert de Niro, en ex truand qui fait le point sur sa vie, obtient là son meilleur rôle depuis des lustres.
A coté de ça, il y a quelques détails qui gênent un peu, comme la description qui est faite des villageois français: arnaqueurs, moches, bêtes, racistes, ils mangent mal... et les jeunes sont plein de boutons d'acné bien sûr! Bon c'est un peu vrai mais quand même, ce n'est pas avec ça que les repentis vont avoir envie de se réinsérer dans le monde réel! La conclusion du film reste qu'ils sont condamnés à vivre dans leur monde de gangster et que les gens normaux tout autour n'ont que des rôles de figurants... où de victimes!
Et puis aussi, alors que le film se passe dans les années 80-90, tous les français semblent comprendre et parler anglais, y compris dans le trou du cul du monde... un peu irréaliste.
Quand à la scène d'action finale, elle est tout bonnement décevante (Besson aurait-il pris un coup de vieux?).

Donc voilà, ça reste un film sympa mais qui aurait gagné à être mieux.

Ma note:



Bon film!



Neuf mois ferme

Réalisé par Albert Dupontel
Film français
Avec Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Philippe Uchan

L'histoire:

Ariane est l'une des juges les plus en vue du parquet de Paris. Sérieuse, elle l'est aussi dans sa vie personnelle, s'étant juré de rester célibataire et n'aimant guère s'amuser. Mais voilà que pousse dans son ventre un petit garçon non désiré. En cherchant quel serait le père, elle revient à cette nuit de réveillon où, après avoir trop bu, elle ne se souvient plus de rien. Les analyses ADN de recherche de paternité ne laissent aucun doute: le père est Bob Landon, criminel un peu naïf accusé d'avoir sauvagement démembré et mangé les yeux d'un riche vieillard. Désespérée, Ariane veut à tout prix se débarrasser de l'enfant mais Bob, qui vient de s'échapper de prison, fait irruption chez elle dans le but de demander son aide: il veut prouver son innocence...




Mon avis:

Un sans faute pour ce nouvel opus de Dupontel. On ne peut lui reprocher qu'une chose c'est sa longueur: le film est vraiment trop court. Peut être à cause de la volonté de  raconter ça sous forme de conte l'auteur s'est forcé à faire concis, ne pas en faire trop pour que l'histoire reste simple. De ce fait chaque détail est travaillé: les personnages ne sont pas que des caricatures, ou alors s'ils le sont ils fourmillent de détails truculents. Et certains sont tellement originaux qu'ils sont amenés à rester dans les mémoires, comme l'avocat bègue et maladroit (qui ressemble à un autre médecin adepte de la piqûre du précédent film), le juge taquin amateur de golf, ou même l'inspecteur aux lunettes jaunes et à la tête de con, où le petit vieux sans yeux ni jambes ni bras ni chocolat. Tout ça joué par un casting parfait et des special guests en cameo (Yolande Moreau, Jan Kounen, Garpard Noé, Terry Gilliam, Jean Dujardin,
Chaque scène, chaque image reste efficace, comme pour les scènes prises par caméra de surveillance, où celle de l'échographie qui en même pas une minute nous explique la situation et le désarroi de l'héroïne.
Tout ça bien sûr avec un humour bébête à la Dupontel, qui ne choque même plus tant il est maîtrisé (Ainsi, pour le petit vieux démembré et ézyeuté, il fallait y penser à la thèse du suicide, ou à celle de l'accident) ... et après tout il aurait tort de vouloir faire autre chose que ce qu'il sait faire le mieux : nous faire rire.
"Ne craignez rien, je ne vais pas manger vos yeux!"

Ma note:



Bon film!


Prisoners

Réalisé par Denis Villeneuve
Film américain
Avec Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis...

L'histoire:

Dans la banlieue de Boston, la famille Dover va passer Thanksgiving chez leurs voisins d'en face. Mais voici que les 2 petites filles de chacune des familles disparaissent après avoir joué à coté d'un camping car qui stationnait dans la rue. Le conducteur est assez vite retrouvé par l'inspecteur Loki en charge de l’enquête: c'est un jeune homme un peu attardé qui vit seul chez sa tante. Il a un comportement étrange mais pas possible d'en tirer quoi que ce soit il faut le relâcher. Mais Keller Dover, le père de la petite fille, ne l'entend pas de cette oreille. Persuadé que le jeune homme sait où sont les filles, il le kidnappe et veut le torturer pour lui faire avouer son crime. De son coté, Loki mène l'enquête qui va le mener vers d'autres pistes encore plus inquiétantes...



Mon avis:

Au début le film aborde le sujet sur un ton très réaliste, grâce à certaines scènes très crues, de bonnes idées, des personnages tourmentés et des acteurs très talentueux, Jackman en tête. C'est peut être pour ça que quand vers la fin le film tend à redevenir un thriller classique on a tendance à penser à une arnaque, et c'est bien dommage car c'est peut être pour ça que je ne mettrais pas 4 étoiles sur 5. Avec un peu de jugeote on recolle les morceaux de l'intrigue en plein milieu du film, il ne reste plus qu'aux personnages à suivre la bonne piste.
Et puis à bien y réfléchir le truc du principal suspect kidnappé et torturé ça prend pas mal de place dans le film, sans que cela avance réellement. Ça paraîtrait même un peu long si ce n'était pas entrecoupé de scènes concernant les enquêtes du jeune inspecteur. On voit quand même quelques ficelles comme celles ci, même si la volonté du réalisateur de noircir le film et de le rendre moins superficiel fait que ça reste un bon film, et assez malin par moments.

Ma note:



Bon film!

 

Ma vie avec Liberace

Réalisé par Steven Soderbergh
Film américain
Avec Michael Douglas, Matt Damon, Dan Aykroyd , Scott Bakula, Rob Lowe

L'histoire:

Scott est un jeune garçon au passé difficile qui fréquente les milieux gays. Lors d'une virée à Las Vegas, il est obnubilé par le show de l'ancienne célébrité le pianiste Liberace. Personne ne le sait mais derrière son habit à paillette, ses bagues en or et sa cape en sybelline, Liberace est aussi de la jaquette et va faire tout son possible pour séduire Scott. Il va entièrement prendre le jeune homme sous son aile, et peu à peu va se construire entre eux une relation presque fusionnelle et étrange, qui les mènera peut être à leur perte?



Mon avis:

Au début, on a vraiment l'impression d'être dans un remake de "La cage aux folles", tellement l'accent est mis sur la follitude des personnages. Ça fait quand même pas mal rire et sourire tout au long du film, les caricatures comme celle du chirurgien esthétique ou le kitch des paillettes et des shorts moulants. Et cette atmosphère de Las Vegas qui fait penser au film de Scorcese avec ses personnages perdus entre l'argent, le sexe et la drogue. Le scénario va au plus profond de l'intimité des deux amants, à qui on finit par s'attacher, et où l'on voit peu à peu que ce qui les lie correspond à un véritable amour, comme bien d'autres couples peuvent le vivre: la découverte, la fusion, la routine, la dispute, la lassitude...
Jusqu'à ne plus être étonné de voir Matt Damon et Michael Douglas se rouler une pelle en gros plan.
Tout ça brillament filmé par Soderbergh et avec deux acteurs principaux épatants, surtout Douglas qu'on a du mal à imaginer dans ce rôle mais qui est tellement parfait qu'on se dit qu'on ne le verra plus comme avant après ce film.

Ma note:




Bon film!


Et voici le vrai Liberace:


Blue jasmine

Réalisé par Woody Allen
Film américain
Avec Alec Baldwin, Cate Blanchett, Sally Hawkins

L'histoire:

Jasmine quitte sa vie New yorkaise pour aller quelque temps chez sa soeur Ginger, à San Fransisco. Les 2 soeurs ne se ressemblent guère: Ginger est caissière et vit une vie simple avec son petit ami mécanno. Jasmine, elle, a partagé sa vie avec l'un des pontes de wall street. Sauf que celui ci, Hal, était un escroc et qu'après s'être fait arrêter il s'est suicidé en prison. Désespérée et ruinée, Jasmine a entamé un long processus de dépression, et elle parle parfois même toute seule dans la rue, répétant les frasques de sa vie d'avant. C'est donc une femme au bout du rouleau, qui n'arrive pas à tourner la page, qui débarque dans la vie de Ginger. Jasmine arrivera-t-elle à redresser la pente? Et quelle influence aura-t-elle sur la vie tranquille de Ginger?



Mon avis:

Que dire si ce n'est que c'est encore un excellent film?
Étonnant de voir qu'après toutes ces années Woody Allen arrive toujours à trouver l'inspiration et à faire quelque-chose d'original, qui ne ressemble à aucun autre de ses films tout en conservant son style et ses thèmes favoris (le nervous breakdown, la réussite professionnelle, la recherche de l'amour...). Il emploie tout son talent pour qu'on ne s'ennuie pas un moment dans son film, alors qu'en fait l'action ne progresse pas tant que ça, avec l'idée aussi d'utiliser les flashbacks, qui participent au basculement de l'héroïne dans la folie comme autant d'hallucinations qui viennent la hanter.
Ça fonctionne encore mieux quand le réalisateur trouve un acteur ou une actrice pour magnifier ses personnages. Et il en a trouvé une en la personne de Cate Blanchett, qui campe une fleur de jasmin pleine d'énergie, auquel on a du mal à s'identifier mais qui est assez attachant tout en restant antipathique. Spécial...
On peut quand même regretter que le personnage de Ginger interprété par Sally Hawkins ne prenne pas plus d'importance dans l'intrigue, tant l'actrice est elle aussi très douée...

Ma note:



Bon film!