La religieuse

Réalisé par Guillaume Nicloux
Film franco-belgo-allemand
Avec Pauline Etienne, Isabelle Huppert, Louise Bourgoin...

L'histoire:

1760. Cadette des 3 filles d'une famille bourgeoise, Suzanne est envoyée au couvent. Ses parents n'ont plus assez d'argent pour lui offrir une dot et souhaitent donc ainsi se débarrasser d'elle, d'autant plus que sa mère lui a confié en secret qu'elle était le fruit d'un ébat extra conjugal. Mais Suzanne ne se plait pas dans cette vie et fait tout pour faire entendre sa voix et retrouver la liberté. Elle trouvera sur son chemin 3 mères supérieures qui lui donneront les images d'un monde religieux à la dérive: la première, désespérée de ne pouvoir aider la jeune fille, perd la foi et se suicide. La deuxième, sévère et autoritaire, tentera de la briser en lui faisant subir mille sévices. La troisième, bienfaisante,  éprouve pour Suzanne des élans que la morale réprouve. Elle ne trouvera son salut que dans ces mémoires qu'elle écrit en secret et qu'elle a transmis à un avocat prêt à l'aider...



Mon avis:

Une très belle histoire que celle ci. Issue d'un roman de Diderot, on se demande comment celui ci n'a pas été mis en image plus tôt. J'imagine que le réalisateur a du se passionner pour ce livre iconoclaste et scandaleux pour l'époque, où une jeune fille déterminée se trouve confrontée à une famille hypocrite, une mère supérieure sadique et une autre aux tendances lesbiennes. La réalisation est donc passionnée et inspirée, évitant par exemple de filmer des paysages pour évoquer l'enfermement de la jeune prisonnière que l'on ne quitte pas un instant.
Les actrices sont toutes géniales, et savent donner de la profondeur aux personnages. La jeune Pauline Etienne tout d'abord (bien qu'un peu larmoyante), mais aussi les 3 autres grands rôles, chacun mené par une actrice de talent (Françoise Lebrun, Isabelle Huppert, Louise Bourgoin).
Moi le film m'a pris et ne m'a pas lâché, et pourtant ça n'a pas du être facile de donner de la fraîcheur à un texte qui date de 1780.

Ma note:



Bon film!



Au bout du conte

Réalisé par Agnès Jaoui
Film français
Avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Agathe Bonitzer, Arthur Dupont

L'Histoire:

Laura fait un rêve étrange: elle est enlevée par un prince charmant désigné par un ange. Mais quand lors d'un bal elle aperçoit Sandro sous une statue d'ange, elle en est certaine: c'est lui l'homme de sa vie et ils vont se marier. Il filent en effet le parfait amour et annoncent leurs fiançailles. L'occasion de découvrir leurs familles respectives: le père de Laura, riche industriel mondain, sa mère adepte de la chirurgie esthétique, sa tante Marianne qu'elle affectionne, actrice sans travail, un peu tête en l'air mais sympa, la fille de celle ci qui voue une passion pour Jésus Christ. Et puis de l'autre coté Sandro, étudiant en musique classique, sa meilleure amie qui est amoureuse de lui secrètement, son père, homme renfermé qui se trouve perturbé par une étrange prédiction qui lui annonce qu'il va mourir le 14 Mars. Tous ces personnages tournent et se cherchent,  mais l'amour y résistera-t-il?



Mon avis:

On retrouve dans ce film le style du couple Jaoui-Bacri: des personnages bourrés de complexes qui trouvent leurs idées préconçues et leur petit train train perturbés par le destin, qui se découvrent en tissant des liens avec de nouvelles rencontres. C'est toujours sympa ce regard amusé sur ce quotidien qui nous fait penser au notre. Avec en plus ici l'analogie avec les contes de fée, et tous les clins d'oeil à cet univers: le prince charmant, la pomme, le baiser, le petit chaperon rouge... chaque scène commence par une image figée comme dans un vitrail, et parfois les décors paraissent aussi féeriques et colorés.
L'histoire elle même, avec cette recherche de l'amour parfait d'un prince et d'une princesse, reprend la thématique du conte, et le film finit par devenir le pendant moderne d'une 'belle au bois dormant' qui se réveillerait à notre époque et dans le monde réel, avec ses divorces, ses psychiatres, ses industriels verreux, etc...
Un film assez malin donc, même si son message n'a pas la force de leur premier film, le gout des autres. Et même si le film est un peu longuet par moment.

Ma note:



Bon film!