Django unchained

Réalisé par Quentin Tarantino
Film américain
Avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio, Kerry Washington, Samuel L. Jackson...

L'histoire:

Le Far west. Django est un esclave sur le point d'être vendu. Sauvé in extremis par un chasseur de prime allemand du nom de Shultz, celui ci lui demande de l'aider à identifier des bandits en échange de sa liberté. Shultz est un personnage fantasque et humaniste qui propose à Django de devenir son associé, malgré le risque que peut comporter le fait de se balader avec un nègre libéré dans le sud des états unis. En échange, il lui promet de l'aider à retrouver l'épouse de Django, qui a été vendue à monsieur Candy, un esclavagiste marchand de coton et adepte de combat de nègres à mort. Ils inventent un subterfuge pour lui racheter la douce et tendre Broonhilda...



Mon avis:

Ce qu'il y a de bien chez Tarantino, c'est qu'il n'a rien à prouver: il sait qu'il a son public, que ses producteurs vont le suivre dans ses délires et que ses films auront un tant soit peu de succés - tant qu'il reste fidèle à lui même et garde son style bien particulier.
Il prend donc son temps pour nous raconter cette histoire, ne cherche pas à en faire trop dans les effets spéciaux, dans la parodie, ni de singer les autres jeunes réalisateurs qui cherchent à épater le public à coup de scènes d'action filmées avec 36 caméras et une image tremblotante.
Bon c'est sûr à force de prendre son temps ça finit par faire un film un peu longuet mais bourré d'idées originales, de personnages intéressants et uniques (le docteur Shultz, ou bien le vieux majordome noir interprété par Samuel Jackson, formidable oncle tom macchiavélique).
Et comme toujours, Quentin reprend les archétypes du film de genre pour en reprendre le style et en revisiter les mythes (oui c'est vrai: les gars du Ku Klux Klan pouvaient ils voir à travers leur drap?). Et pour cette fois ci il réussit je trouve (perso je n'avais pas aimé Inglorious bastards).
Avec ce film, Tarantino se fait plaisir et c'est communicatif.

Ma note:



Bon film!

La parade

Réalisé par Srdjan Dragojevic
Film Hongrois , serbe , croate , slovène , allemand
Avec Nikola Kojo, Milos Samolov, Hristina Popovic

L'histoire:

Lemon, ancien combattant et gangster respecté de Belgrade, doit épouser la capricieuse Perle. Celle ci s'est mise en tête de faire le plus beau des mariages, et fait pour cela appel au meilleur des organisateurs, Mirko. Mais tout cela coûte cher. De plus, le chien chéri de Lemon a manqué de se faire descendre et ne doit la vie qu'à un jeune vétérinaire, Radmilo. Radmilo et Mirko sont gays, et vivent ensemble sous les colibets de leurs voisins et de toute la société serbe qui les rejète. Mirko a pour rêve d'organiser la gay pride à Belgrade, que les institutions religieuses et les groupuscules ont déjà prévu de régler dans un bain de sang. Radmilo a alors l'idée de proposer à Lemon d'en assurer la sécurité en échange de l'organisation de son futur mariage. Cet engagement va sceller leur destin à jamais...



Mon avis:

Bon je ne dirais pas que j'ai totalement détesté ce film, c'était distrayant et drôle par moment. Mais rempli de clichés et de situations prévisibles, avec certains gags un peu lourd et pas vraiment malins. On a même droit à un pastiche de la scène de la biscotte de la cage aux folles. Par moment on a l'impression qu'on cherche absolument à rendre le récit léger (surtout quand on parle de la guerre ou de l'homophobie) en nous présentant des personnages caricaturaux et attachants. Et on nous ressert la fameuse image de l'hétéro qui se croit mâle et sans le savoir reprend des stéréotypes gays (comme le héros qui est un fan de Ben Hur, film aux nuances homosexuelles reconnues). C'est un peu facile je trouve. Et même si la mise en scène ne manque pas de vigueur et les acteurs campent à merveille des personnages complexes et pas si caricaturaux que ça, les grosses ficelles du film m'ont un peu gêné.
Ensuite la cause qu'il défend est juste. Voir l'homophobie s'afficher comme ça au grand jour dans un pays moderne ça fait peur et c'est un film nécessaire.

Ma note:



Bon film!



Les bêtes du sud sauvage

Réalisé par Benh Zeitlin
Film américain
Avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry

L'histoire:

Hushpuppy est une petite fille qui vit en compagnie de son père dans la bassine, un bayou sur les cotes de la Louisiane. Ce père qui s'affiche en rebelle et a décidé de vivre reclus loin de la société moderne. Mais le dérèglement climatique menace et suite à une tempête toute la région se retrouve inondée. Sans maison, les rescapés s'organisent sans savoir s'ils pourront survivre, d'autant plus que l'eau est partie pour rester, et que cette eau salée détruit tout. Hushpuppy, qui est rêveuse, a toujours eu des relations tendues avec son père, mais maintenant qu'elle sait que celui ci est atteint d'une maladie cardiaque, elle est prête à tout pour grandir et se montrer digne de lui.



Mon avis:

Je ne sais plus où j'ai lu que ce film était celui qui a le plus impressionné Obama cette année. C'est donc sur les conseils de Barack que j'ai décidé d'aller le voir...

C'est vrai que ce n'est pas un film comme les autres.
Un peu rebuté au début par l'aspect "rugueux" du film (caméra tremblante et gros plans sur les visages, personnages qui semblent sans arrêt sur le fil du rasoir, images d'animaux éventrés et pourris, de nourriture grouillante, etc...), j'ai finalement été emballé par l'histoire, en oubliant un petit peu le style 'film d'intellectuel' qui d'habitude m'énerve.
Je pense que les auteurs ont su garder le cap et ne pas se laisser emporter par le lyrisme et la poésie maniérée. Peut être à cause de l'opposition entre les crises existentielles des personnages et les évènements bien réels qui se produisent autour d'eux. Du coup je trouve qu'on apprécie mieux le travail des scénaristes pour inventer tout ce petit monde, la vie dans les bayous, avec les différents personnages et les situations de catastrophe écologique (bon avec les aurochs ressuscités des glaces ils y sont quand même allés un peu fort).
Le jeu des acteurs, surtout de la petite fille et de son père, est aussi très impressionnant, avec peut être pas mal d'improvisation.

Ma note:



Bon film!


Télé gaucho

Réalisé par Michel Leclerc
Film français
Avec Félix Moati, Sara Forestier, Eric Elmosnino, Maïwenn, Emmanuelle Béart

L'histoire:

1996. Le jeune Victor prend une chambre d'étudiant dans le 20ème arrondissement de Paris, afin de pouvoir faire le stagiaire dans l'émission télé de Patricia Gabriel, présentatrice à la principale télé nationale (genre TF1). Mais une fois arrivé dans le quartier, il rencontre toute l'équipe de Télé Gaucho, une petite télé associative, joyeusement bordélique et clairement à gauche. A sa tête l’emblématique et un peu filou Jean Lou et la journaliste engagée Yasmina. Peu à peu Victor trouve sa place parmi eux et participe activement à la télé. Il y apprend la vie aussi et c'est au cours d'un reportage qu'il rencontre Clara, jeune fille tête en l'air qui fonce à toute allure dans la vie. Ils tombent vite amoureux et vont même avoir un enfant. Mais Victor arrivera-t-il à concilier ses nouveaux amis avec ses rêves de gloire de réalisateur de cinéma?



Mon avis:

J'avais déjà vu le précédent film du réalisateur (Le nom des gens), qui avait été une bonne surprise. Le revoilà avec ses acteurs fétiches (Elmosnino et Forestier) plus quelque autres, et il est toujours aussi inspiré.
On dirait même la fraîcheur d'un premier film. Mais il faut dire que ce film tenait certainement à coeur au réalisateur, puisqu'il y raconte un pan de sa propre vie. Ici il réussit à trouver le ton juste entre film d'auteur et comédie pour faire quelque-chose qui n'est ni totalement formaté ni totalement expérimental. Le ton reste léger et c'est plein d'idées qui partent dans tous les sens.
Comme dans son précédent film, les personnages sont ridicules, naïfs et extrêmement attachants. On rit pas mal et il se dégage du film un sentiment de liberté et de fantaisie, tout comme j'imagine à la grande époque de Télé bocal, télé associative dont le film s'inspire, et à laquelle Vincent Leclerc a lui même participé lors de sa création en 1996.

Ma note:



Bon film!