Le cochon de Gaza

Réalisé par Sylvain Estibal
Film franco belge allemand
Avec Sasson Gabai, Baya Belal, Myriam Tekaïa

L'histoire:

Jafaar est pêcheur dans la bande de Gaza. Il est très pauvre et vit avec sa femme dans une vielle maison tout contre un poste de garde israélien. De plus il n'attrape aucun poisson si ce n'est un... cochon sorti tout droit de son filet. C'est une véritable malédiction pour lui car cet animal est impur chez les musulmans. N'osant en parler à personne, il ne sait quoi en faire jusqu'à ce qu'il entende parler d'une colonie juive proche où les colons élèvent des porcs...



Mon avis:

Un film qui essaie d'aborder un sujet sérieux par le biais de la comédie. Et c'est là une comédie qui n'est pas toujours très fine: le comique de situation va de plus en plus profond dans le délire, et si on ne rit pas forcément au début, on finit par rire devant tous ces rebondissements incongrus et ces situations grand guignolesques.
Jafaar, marginal dans son pays, semble se heurter à la bêtise qui sévit dans ce pays, alors que les autres se déchirent entre fanatisme et terrorisme, il cherche seulement à vivre une vie tranquille.
C'est un film malin après tout, même si le message moralisateur n'a rien d'original, et intéressant aussi pour ses personnages: celui du soldat israélien pacifiste, l'ami coiffeur, la jeune éleveuse de porc et son pragmatisme, et les rapports entre Jafaar et sa femme... tout cela joué par des acteurs de talent.
Il y a quand même quelque scènes un peu "faciles" et superflues (le délire de Jafaar qui joue au soldat fusil à la main et détruit le mur de son ami, ou bien quand le cochon va bisouiller les soldats pendant leur sommeil), ce qui fait que le film ne m'a pas convaincu pleinement, surtout avec la fin un peu trop imagée à mon gout.

Ma note:


Bon film!

The artist

Réalisé par Michel Hazanavicius
Film français
Avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, James Cromwell

L'histoire:

1927. En compagnie de son petit chien Uggy, Georges Valentin est une grande star du cinéma muet. Personne ne résiste à son charme. Pas même la jeune Peggy, jeune admiratrice qui fait la tournée des castings. Lorsqu'elle arrive à se faire embaucher comme figurante dans le film de son idole, celui ci lui donne un conseil en or: ai quelque-chose que les autres n'ont pas. Mais l'arrivée du film parlant va ruiner la vie de Georges, qui refuse obstinément de jouer dans ce genre de film. Dans son entêtement il va perdre son travail, sa fortune et son épouse, alors que la jeune Peggy finit par percer et devenir une grande star du film parlant. Elle éprouve néanmoins un amour secret pour Georges et cherche de loin à veiller sur lui. Et peut être que lui aussi...



Mon avis:

Avec une histoire qui fait penser à "Chantons sous la pluie" (sauf que ce n'est pas une comédie musicale et que c'est en noir et blanc... sinon pour l'histoire c'est carrément du plagiat), The Artist déplie son histoire simplette et naïve mais pleine de bonne volonté, comme dans ces vieux films qu'on ne fait plus.
J'ai quand même été un peu déçu par le film. Je m'attendais à un film plus drôle dans la pure lignée des Chaplin auxquels il rend hommage. Même 'Chantons sous la pluie' était plus drôle... et plus inspiré (oui j'avoue c'est l'un de mes films cultes). En un sens ça montre bien qu'il n'est pas facile d'égaler les films de l'époque, qui demandaient beaucoup de travail et de savoir faire. Ce film reste un hommage, sans arriver à égaler ses maitres.
Pourtant The Artist est fait avec beaucoup de talent, une réalisation extrêmement soignée et inventive, une image nette et précise, et la musique aussi. Y'a beaucoup de travail là dessous, y compris dans la reconstitution des rues, des voitures, costumes, etc... De ce coté là c'est très jouissif. Et puis les 2 acteurs principaux sont vraiment formidables.
J'ai également trouvé que si le réalisateur fait un film muet et en noir et blanc, il ne le filme pas complètement comme à l'époque: il y a plus de liberté dans le cadrage, les plans, les actions décrites(l'effet avec la table qui se transforme en miroir, où le héros renverse son verre). Au début ça m'a un peu gêné mais finalement c'est fait avec inventivité et ça sert totalement l'histoire: ce n'est pas parce qu'on fait un film hommage qu'il faut garder des règles figées...
Donc voilà: un film à voir, qui manque peut être un peu d'ambition dans son scénario mais est fait avec amour et talent. Vu.

Ma note:


Bon film!

Drive

Réalisé par Nicolas Winding Refn
Film américain
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston...

L'histoire:

Le driver (un héros sans nom) est né pour conduire. La nuit, il est embauché par les malfrat pour semer les flics après les holdup. Le jour, il travaille dans le garage de Shannon. Celui-ci, afin de monter une équipe de coureur automobile dont driver serait le champion, emprunte de l'argent à un des gros caïd de la mafia. A part ça, Driver est un garçon triste et solitaire, jusqu'au jour où il se lie d'amitié avec sa jolie voisine. Ils se sentent attirés l'un par l'autre sauf qu'Irène est mariée à Standard, qui sort tout juste de prison. Standard doit beaucoup d'argent à un gangster qui veut le convaincre sous la menace de faire un braquage pour lui. Driver décide alors d'aider son voisin à se sortir de là en participant lui même au braquage. Sauf que les choses ne vont pas se passer comme prévu...




Mon avis:

Au début, le film fait un peu penser à un film de Coppola (Sofia, pas Francis Ford): long moments de silence, ambiance un peu gênée, personnages au ralenti... même la musique... on dirait du Air! Une réalisation soignée et anti conformiste, qui ne cherche pas à tout miser dans les scènes d'action.
Et puis pas bête en plus: de grosses références au Samouraï de Melville, avec ce personnage d'homme silencieux et froid, ce regard triste, et même l'histoire est à peu près la même (un tueur solitaire, trahi par ses commanditaires et qui va jusqu'à la mort pour se venger).
Pourtant, l'atmosphère intimiste du début du film (avec la relation d'amour platonique entre voisin) disparait très vite dés que l'image (et le héros) se couvrent de sang. Le film redevient une histoire de règlement de compte entre gangster, sans grand intérêt. Et les effets de style (comme le baiser au ralenti dans l'ascenseur) qui pouvaient donner du charme au début, finissent par lasser.
Dommage car la première partie du film pouvait présager une histoire plus authentique avec des personnages attachants, mais tout ça est ruiné par le restant du film.

Ma note:


Bon film!

Habemus papam

Réalisé par Nanni Moretti
Film franco italien
Avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, Jerzy Stuhr

L'histoire:

Au Vatican, le conclave se réunit pour désigner un nouveau pape. Après de longues heures de délibérations, les cardinaux choisissent le cardinal Melville. Mais, au moment de présenter le nouveau pape au public de la place St Pierre, Melville éclate en sanglot. Opprimé par la nouvelle fonction qui lui incombe, il entre en dépression et ne veut pas être présenté au monde. Ne sachant que faire devant cette situation, les cardinaux sont cloués au saint siège, sans pouvoir tenir le grand public au courant. Et le psychanalyste qu'ils ont fait quémander ne peut rien pour eux: le pape s'enfuit hors du palais pour errer incognito dans les rues de Rome.



Mon avis:

En voulant s'attaquer à cette histoire, Nanni Moretti trouve un sujet très original, qui peut l'emmener très loin dans la comédie: ils sont rares les films qui se passent au Vatican avec comme personnage principal le saint père en personne.
Malheureusement, alors que cela aurait pu donner quelque chose de caustique, plein d'idées et profond, on se retrouve avec un film lourd, lent et superficiel. J'en suis sorti en me disant 'tout ça pour ça?'.
Pour la réalisation, rien à redire. Pour le jeu des acteurs aussi. Même les second rôles sont peaufinés et réalistes. Mais bon: si quelques situations prêtent à rire (Moretti a le chic pour inventer des situations cocasses: les cardinaux et leur hypocrisie, comme celle du psychanalyste, qui se manifeste dans les parties de carte et de volley ball -sig-), on a quand même l'impression que tout le film n'a qu'un but: tourner en ridicule le clergé, sans chercher à donner plus de profondeur à l'histoire. En fait on s'en fout complètement de 'pourquoi le pape ne veut pas devenir pape', puisque tous les personnages sont prisonniers d'une comédie dont ils ne sortiront jamais.
Bin moi j'avoue ce film m'a déçu. J'ai l'impression que le réalisateur, excité à l'idée de toucher à quelque chose de blasphématoire, s'est juste arrêté là sans tenter de pousser sa comédie jusqu'au bout, ni à s'intéresser aux personnages de trop près. Dommage.

Ma note:


Bon film!

Le Skylab

Réalisé par Julie Delpy
Film français
Avec Lou Alvarez, Julie Delpy, Eric Elmosnino, Aura Atika, Noémie Lvovsky, Bernadette Lafont, Emmanuelle Riva, Vincent Lacoste...

L'histoire:

Alors qu'elle prend le TGV avec son mari et ses enfants, Albertine se rappelle cet été de 1979. Elle avait alors 11 ans et rejoignait avec ses parents tout le reste de sa famille en Bretagne pour fêter l'anniversaire de la grand mère le temps d'un week-end. Une grande famille avec 5 frères et sœurs tous mariés et avec enfants. Entre tout ce petit monde plein de vie et d'énergie et ses premiers émois d'amoureuse, Albertine pense aussi au Skylab, un satellite qui pourrait bien s'écraser sur la Bretagne et pourquoi pas sur toute cette famille qu'elle aime.



Mon avis:

En pure enfant de la génération 80, Julie (je peux l'appeler par son prénom maintenant, ça fait son 2ème film que je critique) nous décrit la réunion de famille par excellence, avec ses personnages au caractère bien trempé mais un cœur gros comme ça, et puis bien sûr quelques embrouilles.
C'est une famille comme tant d'autre, mais qui a forcément quelque-chose en commun avec celle de chacun de nous. En tout cas, moi qui suis de la même génération, ça m'a beaucoup rappelé des souvenirs.
C'est donc un film plein de nostalgie mais aussi également très personnel, et sans cynisme. Les gens sont montrés tels qu'ils sont, avec leurs défauts et leurs qualités, présentés pendant ce moment de bonheur familial qu'est une réunion de famille. La réalisatrice a essayé de rendre ses personnages et son histoire les plus crédibles possibles, sans chercher à trop forcer le trait. Certains moments, comme le slow ou bien la blague de la dorade sont laissés tels quels, sans être coupés, comme pour ne pas déformer la réalité.
En fait c'est un film fait avec pas grand chose, juste des petits instants, une succession de souvenirs nostalgiques sur lesquels on pose un regard amusé. On rit parfois, on sourit beaucoup, surtout parce que le film nous rappelle beaucoup de notre vie d'avant, de ces réunions de famille qu'on a tous connus. Ces moments de vie sont uniques et on ne s'en rend compte que trop tard, et c'est là tout le sujet du film.
Je me demande juste... est ce Julie a tout inventé ou est ce qu'elle est allée puiser dans les anecdotes familiales pour faire son film? Si tu me lis, répond moi Julie s'il te plait...

Ma note:


Bon film!

Et maintenant on va où?

Réalisé par Nadine Labaki
Film français
Avec Nadine Labaki, Claude Msawbaa, Leyla Fouad

L'histoire:
Un village perdu au fin fond de la campagne libanaise. Comme partout dans le pays il abrite 2 communautés: chrétiens et musulmans. Ceux ci vivent en paix mais dans le souvenir des guerres qui ont enflammé le pays quelques années plus tôt. Alors que des incidents armés éclatent à l'autre bout du Liban, les femmes du village, chrétiennes et musulmanes unies, sont bien décidées à ce que les troubles n'envahissent pas leur village, quitte à bruler les journaux avant que leurs maris ne le lisent. Mais les tensions sont de plus en plus fortes, et elles décident d'aller chercher l'artillerie lourde: louer les services d'une bande de danseuses de cabaret pour faire tourner la tête des hommes du village et leur faire oublier la guerre. Mais cela suffira-t-il?



Mon avis:

Dés le début ce film m'a fait penser à un film de Marcel Pagnol: des gens simples décrits avec amour et humour, plein d'esprit et de cœur. Un village isolé fonctionnant comme un microcosme où circulent les ragots, éclatent les engueulades qui disparaissent aussitôt. Et les personnages qui vont avec...
Il y a aussi en commun la possibilité de basculer dans le drame. Mais si les films de Pagnol traitaient plutôt de drames personnels, ici c'est le spectre de la guerre de religion qui plane sur ce village paisible, et les quelques scènes un peu chaudes du film sont là pour nous rappeler que tout peut très vite basculer dans la violence.
Les prouesses de ces femmes pour éloigner leurs hommes de la guerre n'en sont que plus extrêmes et jusqu’au-boutistes. On rit beaucoup, on pleure aussi. Il se passe plein de choses mais la réalisatrice arrive toujours à rester subtile et à rendre ses personnages profondément humains et attachants, aidée par toute une flopée d'actrices pleines d'énergie.
La véritable morale dans tout cela, c'est que quand on voit tous les stratagèmes inventés par ces femmes pour garder la paix dans leur village (le coup du space cake quand même!), on se dit qu'il n'y a qu'une seule guerre qui mérite d'être menée jusqu'au bout, c'est celle contre la bêtise des hommes. Et ça... c'est un affaire de femmes!
"Et maintenant on va où?" C'est un peu comme dire jusqu'où sommes nous prêts à aller pour conserver la paix...

Ma note:


Bon film!