The Housemaid

Réalisé par Im Sang-soo
Film Sud-Coréen
Avec Jeon Do-Yeon, Lee Jung-jae, Youn Yuh-jung...

L'histoire:

La naïve et innocente Euny est engagée comme nourrice dans une richissime famille: Hoon un jeune homme d'affaire à qui on ne refuse rien, son épouse qui est enceinte de jumeaux et leur adorable petite fille Nami. Elle est secondée par une vieille gouvernante à l'air sévère. Mais quand Hoon et Euny entament une relation et que celle ci tombe enceinte, l'image de la famille idyllique s'efface pour faire place à un monde beaucoup plus noir...



Mon avis:

Et oui, encore un film coréen!
La première scène du film est assez explicite: une femme se suicide en se jetant d'un immeuble au dessus d'une rue commerçante. Les passants s'arrêtent un instant puis repartent à leurs occupations égoistes, et la marque du corp de la défunte, tracée à la peinture par les policiers, finit noyée de détritus et tracts publicitaires...
Ce film sera donc une critique noire de la société actuelle, et en particulier de la haute bourgeoisie égoïste, qui pense régler tous les problèmes à coup de chèque.
C'est sûr, elle vit dans l'oppulence cette famille: vins raffinés, musique classique, demeure somptueuse... La richesse et l'orgueil de ce genre de milieu est vraiment mis en avant, mais devient vite le théatre d'un jeu sadique et malsain. Le genre de film que Claude Chabrol aurait adoré!
A voir aussi pour le jeu des actrices: Jeon Do-yeon, déjà vue dans Secret Sunshine, toujours aussi géniale, et Youn Yu-jung dans le rôle de la vieille gouvernante désabusée, drôle et attachante (un sacré personnage).
Bon je ne dis pas que j'ai tout aimé: j'ai eu du mal à me laisser embarquer jusqu'au bout par l'histoire. Peut être que les rebondissements parfois peu prévisibles finissent par embrouiller le propos... et puis aussi cette scène finale, qui paraît un peu irréelle, limite décevante.
Donc voilà: un film avec du bon et du mauvais...

Ma note:


Bon film!

L'apprenti sorcier

Réalisé par Jon Turteltaub
Film américain
Avec Nicolas Cage, Jay Baruchel, Teresa Palmer, Alfred Molina, Monica Bellucci...

L'histoire:

Le grand sorcier Merlin avait 3 apprentis a qui il a donné tous ses pouvoirs: Balthazar et Veronica, tous 2 amoureux, et Horvath. Jaloux, Horvath trahit son maitre et l'assassine en compagnie de la maléfique fée Morgane. Veronica se sacrifie en emprisonnant la fée, dont le but ultime est de détruire toute vie sur terre, dans son propre corp avant de s'enfermer dans une poupée gigogne, où vient la rejoindre Horvath. Balthazar a donc pour mission de conserver cette poupée et de rechercher à travers les siècles le merlinien, un magicien doué de pouvoirs uniques, seul capable de tuer Morgane une bonne fois pour toute. Il le trouvera sous les traits du jeune Jay, un garçon timide et complexé, qui n'est pas prêt de quitter sa tranquille vie d'étudiant en physique pour apprendre à devenir sorcier. Sauf peut être pour la jolie Becky dont il est secrètement amoureux? Le temps est compté car Horvath s'est enfui de sa prison et est prêt à tout pour en libérer Morgane...


Mon avis:

L'intérêt d'avoir un abonnement cinéma illimité, c'est qu'on peut aller voir des films au hasard, parfois sans en attendre grand chose, juste pour passer le temps. L'apprenti sorcier est de ce genre de film que j'aurais pu regarder d'un air distrait depuis mon canapé chez moi. Mais bon hier soir j'avais pas envie de me prendre la tête et de me voir un petit film pop corn. De temps en temps ça nettoie le cerveau...
D'autant plus que j'ai passé un bon moment. C'est un film simple et drôle, d'ailleurs souvent involontairement. Comme quand Nicholas Cage prononce avec sérieux des répliques qui sont tellement stéréotypées qu'elles en deviennent ridicules. Ici on assume peut être sans le vouloir le second degré du film qui devient presque une caricature de lui même. On nous rejoue même la fameuse scène de l'apprenti sorcier de Fantasia!
Et puis ce n'est pas que le film soit mal fait: une réalisation claire et efficace, et un très bon choix d'acteur, avec Jay Baruchel dans le rôle du geek de base, sa silhouette maladroite et sa voix chevrotante.
En un mot je dirais que ce film est decomplexé: on sait que l'histoire est bonne enfant, que vous avez déjà vu ça dans bien d'autres films, mais on vous le ressert quand même: c'est si bon!

Ma note:


Bon film!

Crime d'amour

Réalisé par Alain Corneau
Film français
Avec Kristin Scott Thomas, Ludivine Sagnier, Patrick Mille...

L'histoire:

Christine est directrice de l'agence parisienne d'une grande multinationale. C'est une femme de tête, audacieuse, extravertie et prête à tout. Sa principale assistante, la jeune et coincée Isabelle, est secrètement amoureuse de Christine, qu'elle admire. Celle ci le sait bien et manipule la jeune fille afin de s'approprier son travail et obtenir une importante promotion, notamment en jetant dans ses bras le beau Philippe. Mais Isabelle ne compte pas se laisser faire et alors qu'une guerre impitoyable se déclenche entre les 2 femmes, elle met au point un plan diabolique pour se débarasser de son amante...

Mon avis:

Je ne peux pas commencer cet article sans parler des 2 actrices principales: Kristin Scott Thomas, épatante de justesse dans son sadisme sophistiqué, et Ludivine Sagnier, qui sait si bien lancer de petits regards innocents de jeune chienne battue. C'est vraiment un beau couple de cinéma, et dés les premières scènes on sent l'ambiguité malsaine de leur relation.
Le film n'est pas non plus dénué d'humour, tout d'abord dans la caricature des personnages dans le monde des affaires. On sourit pas mal, puis dans la deuxième partie du film le sourire devient plus maniaque devant le plan macchiavélique d'Isabelle pour duper la justice: s'accuser aux yeux de tous pour finalement s'innocenter... La vengeance devient jouisive et ludique!
On pourrait néanmoins regretter le manque de punch de la réalisation, qui manque de rythme et n'est pas aussi efficace qu'un Hitchcock ou un Fritz Lang (dont Corneau se serait inspiré). C'est peut être voulu, car on a plus l'impression ici d'être au théatre que dans un film d'action à suspens. En tout cas c'est un peu génant au début et puis on s'habitue peu à peu à l'ambiance du film.
Un film malin donc, sur fond de business women à l'homosexualité refoulée... j'aime bien.

P.S.: Je trouvais qu'il y avait pas mal de monde à cette sénace, pour un film sorti il y a plusieurs semaines... et puis je me suis rappelé qu'Alain Corneau venait de décéder le lundi précédent... So long mister Corneau...

Ma note:


Bon film!

Salt

Réalisé par Phillip Noyce
Film américain
Avec Angelina Jolie, Liev Schreiber, Chiwetel Ejiofor...

L'histoire:

La belle Salt est agent secret et travaille dans un bureau de la CIA, sous les ordres de son ami Ted. Elle va également fêter ses 10 ans de mariage avec le gentil Mike, dont elle est éperdument amoureuse. Mais voilà qu'un jour débarque à la CIA un prétendument agent russe, qui leur divulgue des informations sur un ancien projet du KGB: entrainer des enfants à devenir de parfaits soldats puis les substituer à des citoyens américains afin qu'une fois adultes ils puissent devenir des agents parfaits. L'une d'entre eux se cacherait en ce moment à la CIA et viendrait de recevoir l'ordre d'assassiner le président russe, déclenchant une crise politique sans précédent. Et cet agent serait... Salt elle même! Etant maintenant suspectée par ses propres collègues, et se faisant du souci pour son mari, elle décide de s'échapper... Mais est-elle vraiment innocente?

Mon avis:

Voilà un bon film d'action bien mené, avec comme originalité le fait qu'on a jusqu'à (presque) la fin des doutes sur les intentions réelles de l'héroïne. On suit jusqu'au bout la belle Salt dans ses aventures mouvementées, et Angelina sait y mettre tout ce qu'il faut de mystère pour qu'on puisse se demander: Salt, ange ou démon? Fait elle tout ça pour sauver son mari ou bien est-elle un simple soldat dressé pour obéir aux ordres?
Donc voilà: scènes d'action, pas un moment de répis, un peu de suspens... Le postulat de départ est quand même un peu gros: Lee Harvey Oswald ferait également partie de ces agents russes très spéciaux? Et des enfants russes mis à la place d'enfants américains pour infiltrer le pays? Et puis tout ça pour à la fin envoyer des missiles nucléaires et déclencher la 3ème guerre mondiale? Et je ne parle pas de la facilité avec laquelle Salt met hors d'état de nuire tout soldat surentrainé qu'elle a sous la main.
Mais bon, c'est à ce genre de postulat auquel on s'expose quand on va voir ce genre de film, et après tout celui là ne s'en sort pas si mal, gràce au suspens qui le parcourt...

Ma note:


Bon film!

Poetry

Réalisé par Lee Chang-Dong
Film Sud-Coréen
Avec Yoon Jung-hee, David Lee, Kim Hira

L'histoire:

Mija est une vieille dame un peu excentrique et naïve qui vit dans une banlieue de Séoul. Elle vit de peu de choses et élève toute seule son petit fils, collégien. Elle fait de l'aide à domicile chez un vieil homme handicapé, et s'est trouvé une nouvelle passion: la poésie. Elle s'inscrit à des cours et fréquente un club de poètes. Mais voilà que le suicide d'une jeune collégienne de la région vient chambouler sa vie tranquille, d'autant plus que son petit fils n'est pas étranger à ce suicide...


Mon avis:

Un film beau mais long quand même...
Le réalisateur Lee Chang-Dong a le don pour nous décrire des personnages qui nous 'parlent' dés le premier regard. Ainsi la vieille dame un peu lunatique parait tout de suite attachante, le vieux bonhomme handicapé avec son regard taquin, le garçon bête comme le savent être les jeunes, et les pères faux culs et hypocrites à souhait. C'est toujours très juste.
Elle est d'autant plus attachante cette mamie qu'elle est confrontée à la dureté de la vie: comment peut elle supporter de vivre dans un monde si beau à ses yeux mais où les hommes détruisent (par le viol ou l'argent) l'innocence de l'enfance? Doit elle fermer les yeux devant l'injustice de la mort de cette jeune fille?
Ce que j'aime bien dans le style du réalisateur - dont j'avais vu le précédent film, Secret sunshine - c'est que l'action reste imprévisible: pendant tout le film on sent l'héroïne prête à perdre la tête, et elle le fait pas moments.
C'est en parallèle de l'action tragique que se déroule l'action 'poétique' du film: Mija découvre la poésie et cherche en vain l'inspiration pour écrire son premier poème (elle ne la trouvera qu'à la fin). Mais là aussi au fil de ses errances, la poésie la ramène à la dure réalité sans qu'elle s'en rende compte (comme la couleur des fleurs rouges comme le sang, ou bien l'abricot tombé de l'arbre qui rappelle le suicide).
Cette dualité est aussi l'un des point noirs du film: à force de vouloir jouer sur 2 registres, ça donne un film un peu long (2h20) où les scènes passent du tragique au poétique. C'est pas que l'on s'ennuie, car souvent chaque scène est très juste, mais on a l'impression que l'action n'avance pas.
Je pense que si Chang-Dong avait su rester efficace dans son précédent film, là il a voulu se faire plaisir. Dommage.

Ma note:


Bon film!