Shutter Island

Sortie le 24 février 2010
Film américain
Réalisé par Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley...

L'histoire:

Les années 50. Sur l'ile isolée de Shutter Island se trouve une prison bien particulière: un hôpital psychiatrique qui renferme les plus graves détraqués des USA, mené de main de maitre par un psychiatre en chef aux méthodes singulières. Le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck sont envoyés sur cette ile pour enquêter sur la disparition bien étrange d'une pensionnaire. La tempête gronde dehors, et les 2 enquêteurs finissent par comprendre qu'on leur cache des choses. Teddy soupçonne de plus l'hôpital d'être devenu un centre d'expérimentations gouvernemental secret dans le but de manipuler le cerveau humain. Mais le passé de Teddy refait également surface: ses souvenirs de guerre dans le camp de Dachau et les images de sa femme décédée mystérieusement dans un incendies quelques années plus tôt...


Mon avis:

Je me méfie toujours de ce genre de film qui nous embarquent dans un trip "on vous fait croire que" avec une histoire en queue de poisson à la fin. Mais bon, à force de s'essayer à tous les genres de films possibles, il fallait bien que Scorcese finisse par nous en faire un...
Mais c'est vrai que c'est un exercice dangereux, car parfois on peut être déçu lors des révélations finales à force d'avoir été mené en bateau pendant 2 heures (c'est l'effet que m'avait fait avec 'usual suspects').
Ici le truc tient quand même la route, même si au milieu du film on commence à comprendre très vite que quelque chose cloche chez notre héros, et que les plus fous dans cette affaire ne sont pas ceux qu'on pense...
Le thème du film reste donc la folie, la schizophrénie et le fait de savoir discerner le monde réel de ce qui est fantasmé. Un genre de réflexion philosophique du genre: comment sommes nous sûrs que nous ne sommes pas fous et que notre perception du monde n'est pas un simple délire d'aliéné... un truc comme ça!
Le film fait d'ailleurs référence à Psychose d'Hitchcock, notamment dans sa scène finale de confession. La musique est également très évocatrice.
Alors comme d'habitude on peut reprocher au film d'être un peu trop sur le fil du rasoir, avec un Léo très larmoyant (mais c'est sa grande spécialité). Mais même si le récit peut paraitre un peu décousu (car les héros semblent un peu tourner en rond et l'action finalement n'avance pas) à mesure que le mystère s'étoffe, on ne s'ennuie pas un instant et on se laisse porter par une histoire bien racontée.
Faut dire qu'il est quand même doué, Martin. Surtout très habile pour nous décrire des atmosphères noires et tendues, avec des flashbacks hallucinatoires très envoutants. Il est vraiment très fort à ce petit jeu.
Bon c'est pas le meilleur film de Scorcese, l'histoire n'ayant rien d'exceptionnel mais la mise en scène intelligente et inspirée finit par sauver le film et je lui donne donc une bonne note.

Ma note:
4

Bon Film!


La princesse et la grenouille

Sortie le 27 janvie 2010
Dessin animé américain
Réalisé par Ron Clements, John Musker

L'histoire:

Tiana est une jeune fille pleine de courage qui vit à la Nouvelle Orléans. Elle accumule les petits boulots afin de réaliser son rêve: ouvrir son propre restaurant. Sa meilleure amie, Charlotte, fille de l'homme le plus riche de la ville, rêve plutot d'épouser un prince. Or le prince Naveen vient justement de débarquer en ville. Déshérité par ses parents car il ne pense qu'à s'amuser, il devient la cible de Ray, arnaqueur et sorcier vaudou, qui afin de prendre sa place et épouser la richissime Charlotte le transforme en grenouille. Le destin de Tiana et Naveen va alors se croiser durant le Mardi Gras: tiana est déguisée en princesse et Naveen lui propose de l'embrasser pour tenter de le retransformer en prince. En échange il lui propose de financer son restaurant. Sauf que... Naveen ne reprend toujours pas sa forme humaine, et Tiana se transforme elle aussi en grenouille. Voilà nos 2 amis entrainés dans une course poursuite au fin fond du bayou à la recherche de mémé oddie, sorcière capable de leur rendre leur forme humaine. Ils rencontre en chemin un drole d'alligator jouer de trompette, et une luciole cajun amoureux d'une étoile...


Mon avis:
Ca faisait bien longtemps que Disney ne nous avait pas régalé de l'un de ces dessins animés dont ils ont le secret. Et il faut avouer qu'ils n'ont pas perdu la main...

Ce film est très efficace, et on y trouve tout ce qui a fait le succés Disney: des histoires magiques de princes et de princesses, des animaux aux formes rigolotes et qui parlent, des chansons, de l'action, une morale bon enfant etc... Tout ça peut paraitre un peu trop bien rodé, un peu classique, notamment avec les séquences chantées qui font un peu comédie musicale. D'ailleurs l'histoire est toute simple et 100% sans surprises...
Sauf que les gens de chez Disney (John Lasseter -l'un des créateurs de Pixar- en tête) savent ce qu'il faut rajouter au film pour le faire sortir du lot: l'idée de situer l'histoire en Louisiane, avec tous ses clichés exotiques: la bonne cuisine, le jazz, la fête du mardi gras, le vaudou, les black mamas, le bayou et les cajuns, labonne humeur des gens de là bas, et quelques mots de créole, tout y est! Avec en plus des personnages secondaires recherchés et drôles (notamment la scène avec les 3 trappeurs dans le bayou, hilarant). Du coup, le film devient dépaysant et attachant.
Les dessins des décors sont également très beaux, et le tout apporte certainement plus de poésie que toutes les images de synthèse des films d'animation d'aujourd'hui...

Du coup j'ai passé un bon moment. Ca fait du bien de temps en temps de retomber en enfance, non?

Ma note:


Bon film!



Lovely bones

Sortie le 10 février 2010
Film américain
Réalisé par Peter Jackson
Avec Saoirse Ronan, Mark Wahlberg, Stanley Tucci, Rachek Weisz, Susan Sarandon, ...

L'histoire:

Les années 70. La jeune Susan Salmon a 13 ans et rayonne de vie. Elle habite une petite ville paisible entourée de ses parents, son petit frère et sa petite soeur. Comme toutes les jeunes filles de son age, elle commence à penser aux garçons et en pince pas mal pour le beau Ray. Mais tout cela se termine bien vite quand un voisin sadique la capture, abuse d'elle, la charcute et la tue. Son ame erre alors dans un monde fait de rêve et de paysages fantasmagoriques et poétiques, mais elle ne peut s'empêcher de penser à ceux qu'elle a laissés derrière: ses parents qui, faute d'avoir trouvé le corp de leur fille, arrivent difficilement à faire le deuil, et son assassin qui n'a pas été suspecté et qui de plus, a des vues sur une nouvelle victime: la propre soeur de Susan...



Mon avis:

Peter Jackson est un metteur en scène ambitieux qui aime remplir ses films de tout un tas de détails, avec beaucoup de minutie. Le l'avais déjà remarqué dans sa version de King Kong, qui à force de multiple appartés et descriptions finissait par durer plus de 2h30.
Ce film ne fait pas exception à la règle, sauf que du coup... ça finit par devenir un peu lourdaux et confus.
Notamment dans la première partie du film, avant la mort de suzie, qui regorge de détails et descriptions inutiles. C'était peut être intentionnel, pour apporte une atmosphère tendue... sauf que le supplice continue dans la 2ème partie, avec de longues explications en voix off de l'héroïne pour nous expliquer des choses qu'on aurait pu deviner nous même, ou par ses multitudes tentatives pour aider ses parents depuis l'au delà, tentatives qui retombent toutes à l'eau, et en pleurs en plus. On a l'impression de revoir et revoir sans cesse la même scène du père qui a l'impression que l'esprit de sa fille est avec lui, ou celle du tueur qui observe sa victime, à grand renfort de violons. Tout ça est finalement peu convaincant.
Normalement les 2 mondes (celui du rêve de suzie et le monde réel de ses parents)devraient s'influencer l'un lautre (c'est le propos du film). Seulement le passage de l'un à l'autre est si abrupte, si maladroit qu'on a du mal à suivre. On a l'impression de voir 2 films en un.
Donc un film où tout se mélange, monde réel et monde rêvé, pour finalement donner une sorte de soupe qui n'a alors ni le gout d'un film de serial killer, ni celui d'un film dramatique, et où la poésie qui devrait pourtant rayonner à travers le monde rêvé de Suzie ne transparait finalement pas.
Pourtant le sujet était original et aurait pu donner quelquechose de très beau, avec un peu d'inventivité et en ne cherchant pas à retranscrire tous les détails de l'histoire du roman dont il est issu, mais bon ce n'est pas le point fort de Jackson (ben oui, j'avoue: j'avais trouvé le seigneur des anneaux complètement nul!) et le film devient bien vite lourd...

Ma note:
2 sur 5

Bon film!

une exécution ordinaire

Sortie le 3 février 2010
Film français
Réalisé par Marc Dugain
Avec André Dussollier, Marina Hands, Edouard Baer, Denis Podalydès, Tom Novembre, Grégory Gadebois...

L'histoire:

1952 à Moscou, sous la répression Stalinienne. Anna, médecin urologue dans un hopital, posséde un don qui lui permet de guérrir ses patients par apposition des mains. Elle fait de son mieux pour le cacher mais la file d'attente qui s'amoncelle devant sa porte rend jaloux ses collègues qui menacent de la dénoncer au parti. Elle subit de plus les avances de son chef de service. Elle tente tout de même de vivre heureuse avec son mari, Vassili, malgrés leurs tentatives infructueuses pour avoir un enfant. Jusqu'au jour où des soldats du parti viennent l'arrêter. Elle est menée au chevet de Staline, qui vient de se débarasser de ses médecins personnels et souhaiterait bénéficier de ses dons. Mais la chose doit rester secrète et petit à petit Anna va être obligée de sacrifier sa vie privée. C'est le début d'une descente aux enfers...


Mon avis:

Un film qui réussit très bien à rendre l'atmosphère de terreur et d'inhumanité du système stalinien, grâce à de très bons acteurs, Marina Hands en tête, avec son visage sans cesse figé par la peur, et André Dussolier unique dans le role du père de la nation. La pression est si forte sur leurs épaules que les personnages sont obligés de cacher leurs sentiments et leur personnalité derrière une façade.
En plus la mise en scène ne les montre que dans des espaces confinés et sombres (bureaux, couloirs, on a l'impression que le seul lieu de vie de Staline c'est son bureau).
L'histoire en elle même, avec toutes ses scènes proches de l'absurde et de l'indécent, tend à dégager une certaine tension assez lourde et oppressante.
On peut quand même reprocher au film de chercher à faire de belles phrases, des tournures (du style "J'espère que tu n'es pas heureuse camarade, car cela voudrait dire que tu as quelque chose à me cacher." dite par un policier, ou bien après un interrogatoire: "je n'avais rien à avouer mais vous m'avez fait tout dire"), même si ce n'est pas très handicapant. Staline était d'ailleurs très doué pour ce genre de mots d'esprit, et on a l'impression que chacun de ses sujets cherche à l'imiter.
La fin un peu brusque m'a également laissé un peu sur ma faim: on a l'impression que la descente progressive aux enfers de l'héroïne n'est pas assez poussée à l'extrème, on reste sur quelque chose d'inachevé, de mystérieux...

En gros un film très efficace dans son propos, qui serait basé sur une histoire vraie. Un peu pompeux par moment mais il mérite le détour pour retrouver l'atmosphère de cette époque.

Ma note:



Bon film!

Sherlock Holmes

Sortie le 3 février 2010
Film Américano-Anglo-Australien
Réalisé par Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr., Jude Law, Mark Strong,...

L'histoire:

Tout le monde connait le célèbre détective Holmes et son acolyte Watson. Ils sont cette fois ci confrontés aux agissements de Lord Blackwood, un adepte des sciences occultes et des sacrifices humains qui, après avoir été condamné à être pendu finit par ressusciter et à semer la terreur dans Londres. Ça tombe bien car n'ayant plus de nouvelle affaire à résoudre, mr Holmes commençait à perdre un peu les pédales (et la tête). D'autant plus que le docteur Watson, son ami et colocataire, envisage de se fiancer. Sherlock devient jaloux et emploie donc tous les stratagèmes possibles pour embarquer son partenaire dans sa nouvelle aventure.



Mon avis:

Rajeunir les aventures de Holmes en y ajoutant de l'action, des effets spéciaux et des cascades, pourquoi pas?

D'autant plus que Guy Ritchie ne tombe pas dans la facilité ni la simplification à outrance et sait rester fidèle aux livres. Il a peaufiné la personnalité de ses 2 personnages principaux et de leur rapport amical, de sorte que les scènes d'action, bien que spectaculaires, avec moultes poursuites et des combats à mains nues où les héros n'hésitent pas à tomber la chemise, tout ça finit par paraitre secondaire, tant la nouvelle énigme qu'ils ont à résoudre n'est qu'un prétexte pour nous montrer la complicité de ce vieux couple - qui fait parfois penser à un vieux couple homo - et à leurs personnalités très affirmées (pour le coup le personnage de Watson prend un peu plus d'importance que d'habitude) .

On reconnait quand même bien le personnage très antipathique de Holmes, avec ses nombreuses lubies et son air condescendant qui le rend à la fois ridicule et sympathique... C'est le genre de personnage qui va bien dans l'univers du réalisateur, Guy Ritchie, habitué aux personnages de loosers. On reconnait aussi sa patte dans le style très punchy de la mise en scène, et quelques idées originales comme quand il montre une action d'un point de vue puis fait un rewind pour nous montrer tout ce qu'on n'avait pas vue la première fois(la scène où après avoir reçu la visite d'une messagère Sherlock se jette par la fenêtre, se déguise et va quémander quelque sous à la dame en question- scène déjà vue mais du point de vue de la dame), ou bien quand il montre au ralenti les réflexions du détective pour anticiper les actions dans les scènes de bagarre.

Mais ce qui est chouette c'est que même en ajoutant un peu de modernisme, le film reste assez classique pour qu'on y croit(la musique notamment fait vraiment d'époque).

Par contre, une chose que je regrette c'est la scène de confrontation finale, le dénouement que j'ai trouvé un peu facile et classique comparé aux autres scènes d'action qui réussissaient toujours à sortir du lot. Et le personnage de Moriarty, qui apparait en guest star un peu sans raison(certainement les prémisses d'une future suite au film).
Et puis surtout... on n'entend pas une seule fois la fameuse phrase... "Élémentaire, mon cher Watson!" Ben oui quoi!

Ma note:



Bon film!

In the air

Sortie le 27 janvier 2010
Film américain
Réalisé par Jason Reitman
Avec George Clooney, Anna Kendrick, Jason Bateman

L'histoire:

La profession de Ryan Bingham est bien singulière: il est spécialiste du licenciement aux USA et voyage de ville en ville pour annoncer aux employés les yeux dans les yeux qu'ils doivent sur le champ vider leur bureau. Ce métier difficile, et l'obligation d'être sans cesse dans les airs pour aller d'entreprise en entreprise l'ont obligé à se forger une philosophie bien à lui: ne pas avoir d'attache, pas de famille, rester cynique sur tous les bobards qu'il doit raconter et surtout avoir comme but ultime de cumuler 100 millions de miles en avion. Rock'nRoll quoi!
Toutes ces certitudes se voient perturbées par l'arrivée d'une jeune apprentie dans son entreprise, qui grâce à internet tente de développer l'entretien de licenciement à distance (et donc adieu les voyages en avion), puis par la rencontre amoureuse d'une autre femme d'affaire voyageuse, sorte d'alter égo de notre héros, envers qui il éprouve pour la première fois de l'attachement.



Mon avis:

Voilà une fausse comédie romantique efficace avec des dialogues piqués sur le vif.

Comme le héros, l'histoire de ce film semble se passer en dehors du monde. On survole les USA, on passe d'une ville à l'autre sans savoir où on est. La vie s'écoule insouciante... Ryan vole d'un avion à un autre, regarde le monde d'en haut (de nombreux plans de la terre vue du ciel, et ce n'est qu'au générique de fin qu'on aperçoit le ciel et les nuages), il voit la vie qui grouille et juge le monde d'en bas d'un œil condescendant, cynique et distant. Il n'est pas comme tous ces toquards qu'il vire à tour de bras. Lui il est complètement détaché du monde: sans amour, sans foyer, sans attache.
Bien sur on s'apercevra finalement que c'est une façade construite pour se protéger et fuir ses responsabilités. En cela la morale du film reste assez convenue ("un homme à la philosophie un peu marginale, persuadé d'avoir raison contre tous, commence peu à peu à douter": on a déjà vu ça évoqué dans des centaines de films) , mais néanmoins les scénaristes ont bien réussit en poussant à bout leurs personnages. Grâce notamment à une liberté de ton dans les dialogues menée par un George Clooney parfait dans ce rôle de vieux charmeur cynique.
La vie met dans les pattes de Ryan tout ce qui peut remettre en question son petit monde bien huilé: il tombe amoureux, est convié au mariage de sa sœur, doit supporter une jeune disciple naïve et sensible...

J'ai lu que le réalisateur avait eu l'idée du film lors d'un vol en discutant avec son voisin de siège qui faisait le même métier que le héros du film. Il a même utilisé des intervenants réels: les inserts de témoignages en début et fin de film ont été tournés avec de vrais chômeurs à qui on a demandé de jouer leur propre réaction lorsqu'ils avaient été licenciés.

En conclusion, un film qui pourrait ressembler à des tas d'autres comédies romantiques mais qui réussit à sortir du train train avec un sujet d'actualité, de l'inventivité et des dialogues recherchés.

Ma note:



Bon film!