A serious man

Sortie le 20 Janvier 2010
Film américain
Réalisé par Ethan et Joel Coen
Avec Michael Stuhlbarg, Sari Lennick, Richard Kind...

L'histoire:

Les années 60. Larry Gopnik, marié, 2 enfants, juif, professeur de physique à l'université, vit sa vie tranquille et banale dans une banlieue pavillonnaire. Il héberge également son grand frère, vieux célibataire . Une succession de petits soucis va alors s'abattre sur le pauvre Larry: sa femme demande le divorce pour se remarier avec l'un de ces amis, et va même jusqu'à lui demander d'aller loger à l'hôtel, l'un de ses étudiants tente de le soudoyer, sa titularisation à la fac est compromise par des lettres anonymes, son voisin empiète sur le terrain de sa maison, etc... etc... Tous ces petits et gros tracas s'accumulent jusqu'à ce que Larry finisse par se poser des questions, et va demander conseil auprès des différents rabbins de sa communauté: pourquoi Dieu le met il à l'épreuve? Mais les réponses qu'il obtient sont de plus en plus énigmatiques et les ennuis continuent à s'amasser...


Mon avis:

"Les voies de Dieu sont impénétrables... mais alors vraiment!"

Y-a-t-il un sens à notre vie?
Est ce que Dieu cherche à nous parler?
Pouvons nous reconnaitre la main de Dieu dans notre vie quotidienne?
Pourquoi moi?
Telles sont les questions auxquelles les frères Coen ont décidé de répondre (ou pas) dans leur nouveau film. Un sujet très original, je dirais même audacieux, voire périlleux: on pourrait s'attendre à quelque chose de soporifique et lent mais... mais les réalisateurs savent une fois de plus nous emmener dans leur délire, avec toutes les armes qu'ils ont sous la main:
  • des personnages grotesques et caricaturaux au possible
  • un univers bien particulier
  • un humour plein de non sens, de sous entendus
  • un sens du cadrage très subjectif (les scènes de fumage de joint sont)
  • un sens du détail très recherché (les habits sixties bien ridicules)
Tout est vu du point de vue du héros qui se fait tout un sang d'encre pour tous se petits problèmes mais en même temps on garde une certaine distance avec lui de manière à ce qu'il reste ridicule. En gros le style Coen est tout à fait adapté avec le propos du film. Leur vision d'un monde chaotique et absurde transparait encore plus dans ce film que dans tous les autres. En plus on a l'impression qu'ils parlent d'un monde qu'ils connaissent bien, puisque comme eux leur héros fait partie d'une famille juive.

Pourtant l'histoire est toute simple, et tout ce qui arrive à Larry n'est pas franchement très dramatique (pris séparément), mais avec l'œil décalé de la caméra tout prend une dimension importante. Peut être parce qu'il s'agit là d'un véritable conte philosophique et imagé: l'homme qui a l'impression de ne pas être maitre de son destin, qui a l'impression qu'il a hérité de sa vie tranquille un peu comme il a hérité de sa religion et qui se demande si Dieu l'a abandonné.

Le mini court métrage qui est présenté en introduction du film dit en fait la même chose: un couple de villageois voit arriver dans la nuit un ancien voisin parti depuis des années. La femme affirme qu'il s'agit d'un fantôme car elle a entendu dire qu'il était mort, mais son époux ne croit pas aux fantômes. Dans un cas comme dans l'autre la petite histoire se termine sans qu'on sache lequel des 2 avait raison. Comme dans la vie: on peut croire en l'existence de Dieu, qu'il régit nos vies en nous punissant ou en nous aidant, ou bien on peut croire qu'il n'existe pas mais dans tous les cas... on termine dans la même incertitude du lendemain...

En plus, comme pour un héritage familial, les questions du père semblent se répercuter sur le fils à la fin quand, hébété pour des raisons que nous ne révèlerons pas ici, se retrouve complètement à l'ouest lors de sa propre barmitzvah, et peine pour faire sa profession de foi, pour ensuite rencontrer le grand rabbin (que son père n'a pas réussit à rencontrer), lequel pour tout cadeau pour son entrée dans sa vie d'homme lui laisse une énigme un peu floue, accompagnée d'un walkman, sorte de cadeau pour acheter son silence et qu'il ne se pose pas trop de question.

Donc voilà. Je ne suit pas aveuglément les Coen dans tous leurs délire (j'avais trouvé franchement nul leur précédent film, Burn after reading, pourtant bourré de stars), mais celui là (avec des acteurs tous inconnus) a vraiment relevé mon attention par son intelligence et son originalité.

Ma note:



Bon film!

Bliss

Sortie le 6 Janvier 2010
Film américain
Réalisé par Drew Barrymore
Avec Ellen Page, Drew Barrymore, Juliette Lewis, Kristen Wiig, Marcia Gay Harden...

L'histoire:

Bliss Cavendar est une jeune adolescente sans problème vivant dans une banlieue tranquille de la ville d'Austin, Texas. Entre ses études, son job dans un petit restaurant, sa meilleure amie Pash et les concours de beauté auxquels sa mère veut absolument l'inscrire, elle se cherche une identité. Elle tombe par hasard sur un flyer de Roller Derby: ces genres de courses poursuites en roller où tous les coups sont permis et dont les équipes sont exclusivement composées de femmes en tenue sexy. Elle décide de se remettre au roller et malgré le fait qu'elle n'a pas l'age requis, se fait engager en cachette dans l'équipe des Scouts Gerbantes. Très vite adoptée par toute cette bande de sacrés bonnes femmes, elles enchainent les matchs. Bliss tombe également amoureuse, et devient la mascotte de l'équipe, au grand dam de leurs ennemies jurées, les Madones Putes. Le jour de la finale approche, mais sa double vie est de plus en plus difficile à cacher à sa famille...



Mon avis:

"Rien de tel qu'un bon film avec des filles qui se foutent sur la gueule!"

A priori rangé dans les films pour ados, ce film se dénote par son gout pour le mauvais gout et ses personnages haut en couleurs. Les héroïnes qui nous sont présentées ici sont bien loin des images de midinettes habituelles, on peut même dire qu'elles ont des c...!
Drew Barrymore, en actrice expérimentée, fait confiance à ses actrices (et à ses acteurs, le rôle de l'entraineur Razeur n'étant pas en reste) et met en avant la personnalité de ses personnages.
Elles se traitent de tous les noms, prennent des noms de scènes au sens évocateur, tels que les scouts gerbantes, Marie Grabuge, Eva Destruction, Iron Madone, Rosa La Flèche, n'hésitent pas à se bousculer, s'envoyer dans le décor, se faire une petite baston jusqu'à s'en péter le nez, ou bien une bataille de nourriture pour ensuite comparer leurs blessures et leurs bleus... Girl Power!
Elles osent, et nous pauvres mâles dans notre siège on aurait presque peur pour elles... ouch! Encore une qui vient de se prendre une mandale! Ça c'est du sport!
Mais fort heureusement il n'y a pas que des scènes de bagarres dans le film, car on raconte surtout l'histoire de Bliss, de son premier amour, de ses rapports conflictuels avec sa mère. Ces moments sont également assez bien filmés avec toujours assez de justesse et sans se laisser aller à la banalité (la très belle scène de la piscine, la scène où Bliss se confie à a sa mère...). Le choix d'Ellen Page pour le rôle principal fait d'ailleurs référence à Juno, autre film pour ados avec la même actrice et lui aussi très brillamment filmé.

Pourtant, la fin du film approchant, le ronron du film pour ados habituel revient: avec une scène finale un peu consensuelle et une happy end prévisible, le film est sauvé par l'originalité du monde de la culture underground, popu et vulgaire du Roller Derby, et aussi par le jeu des acteurs tous très bons et mis en avant par une mise en scène intelligente.
En bref j'ai passé un bon moment!

Ma note:



Bon film!


Les chats persans

Sortie le 23 décembre 2009
Film iranien
Réalisé par Bahman Ghobadi
Avec Negar Shaghaghi, Ashkan Koshanejad, Hamed Behdad...

L'histoire:

Ashkan et sa petite amie Nedar sont 2 jeunes iraniens qui ont une passion: la musique rock indie. Ils écrivent et jouent leurs propres chansons mais, conscients de la difficulté de faire du rock dans un pays totalitaire et religieux -leurs concerts sont annulés par la police, et ils ont d'ailleurs tous les 2 été déjà emprisonnés- ils décident d'aller se produire en europe. Ils sont aidés en cela par Nader, jeune trafiquant magouilleur qui promet de leur procurer visas et passeports. Reste encore à trouver les autres musiciens pour former un véritable groupe capable de se produire là bas. Ils commencent alors à faire le tour des milieux de la musique underground de Téhéran afin de rencontrer d'autres jeunes musiciens...



Mon avis:

Ça rock sous le tchador!

C'est à un véritable voyage dans l'underground iranien que nous convie ce film: cela va du heavy metal au rap en passant par la chanson engagée... et ils se débrouillent pas si mal que ça les petits iraniens!

Sans véritable histoire, le film n'est qu'un prétexte pour nous faire découvrir la passion contrariée des jeunes rockers de la république islamiste. Tous ces jeunes gens un peu marginaux apparaissent avec une personnalité haute en couleur et une détermination pleine d'énergie (notamment le personnage de Nader, le magouilleur avec son bagou et sa vitalité).
Derrière la façade rigide du régime islamiste, il y a des jeunes aussi libres et créatifs que partout ailleurs, avec un look et des passions comme partout ailleurs, et en particulier la musique.
Du coup on a droit à une série de portraits tout au long des pérégrinations des héros, fils conducteurs entre les mini vidéo clips des différents groupes (dont les paroles des chansons résonnent différemment, dans ce pays totalitaire). On a droit aussi à quelques scènes politiques (quand des policiers confisquent le chien de Negar, sous prétexte qu'il est impur, ou bien quand Nader se fait arrêter pour possession de dvds américains et qu'il joue le lèche botte devant le juge pour ne pas être fouetté. Dans les 2 cas le juge et les policiers sont hors champ).

Tout ça est fait de bric et de broc, avec des images parfois un peu artisanales (bin oui le tournage fut forcément clandestin!) et quelques maladresses (ça fait penser un peu à certains films expérimentaux des années 70). Ça fait un petit peu "artistique" à outrance par moment mais finalement j'ai passé un bon moment, surtout grâce à l'originalité du sujet qui nous présente un portrait de l'Iran différent de ce que peuvent nous montrer les médias habituels...


Ma note:



Bon film!



PS: Quelques mots du réalisateur:

"D'après l'Islam, la musique (ghéna) est impure puisqu'elle provoque gaîté et joie. Entendre le chant d'une femme est considéré comme un péché car cela crée des émotions... En Iran, ces trente dernières années, un genre de musique (et en particulier la musique occidentale) a été quasiment interdit par les autorités. Cette musique occidentale doit se cacher dans des sous sols, se jouer en sous-sol, s'écouter en sous-sol ! Même si cette musique était cachée, cela ne l'a pas fait disparaître. Pendant tout ce temps, presque personne n'a osé en parler. Ça m'a intrigué et j'ai décidé de réaliser un film à ce sujet. Le cinéma m'a donné le courage de le faire. Lorsque je suis allé au coeur de Téhéran et que j'ai descendu les escaliers sombres menant aux sous-sols où cette musique-là se jouait, j'ai découvert un monde étrange, différent et fascinant. Un monde caché que peu d'habitants de cette ville ont pu voir ou entendre. J'ai aperçu leur univers, vu leur vraie vie : leurs soucis artistiques, les dangers encourus (aussi bien économiques que physiques), les difficultés avec leurs voisins, les arrestations de police, les coups de fouet et tout cela parce qu'ils chantent, jouent d'un instrument, aiment la musique, tout simplement... Je me suis dit qu'il fallait que je fasse ce film. Ce film est la première image vraie de la réalité de ces jeunes."

Paranormal activity

Sortie le 2 décembre 2009
Film américain
Réalisé par Oren Peli
Avec Katie Featherston, Micah Sloat...

L'histoire:

Un jeune couple est fréquemment dérangé dans leur sommeil par des bruits étranges dans leur nouvelle maison. Katie avoue que depuis toute petite, elle se sent poursuivie par un esprit qui l'observe. Afin d'en avoir le cœur net, ils décident de filmer leur chambre pendant la nuit. Mais les phénomènes ne font qu'empirer, et le verdict finit par tomber: Katie est la proie d'un méchant démon amoureux qui cherche à la posséder.



Mon avis:

On m'avait dit: "Ne va pas voir ce film. C'est un truc tape à l'oeil, un vrai coup monté des studios hollywoodiens." J'aime bien aller voir un film dans ces conditions. Au moins on est sûr de pas être déçu quand on s'attend au pire.

Donc un film sans surprise, bâti sur un scénario où la tension va crescendo, comme dans beaucoup de films d'épouvante de ce style. On se dit à chaque fois qu'on va pas se laisser embarquer, que c'est qu'une fiction après tout. Des fois je me laisse embarquer quand même(ça avait été le cas avec le projet Blair Witch, auquel ce film fait référence), mais là ça n'a pas marché vraiment. Peut être à cause des petites incohérences de scénarios, ou bien des effets spéciaux peu convaincants. Ou alors je vieillis.
Avec bien sûr le truc "film fait à la maison", caméra vidéo à l'épaule, où les personnages se filment eux même . D'ailleurs la jeune fille n'arrête pas de dire à son époux "mais arrête de filmer" et l'autre de trouver une excuse en bois pour continuer à filmer en douce, en véritable accro de la vidéo. C'est une mode qui a commencé avec Blair Witch, puis Cloverfield, mais là faudrait vraiment qu'ils arrêtent à Hollywood. Cet astuce est sensé rendre le film plus convaincant mais ça marche plus vraiment.
Bon bien sûr ici on manque de moyens (n'oublions pas que le film a été tourné avec un budget de 10000$, juste le prix de la caméra), et les effets spéciaux se font à la main. Il n'y a pas trop d'acteurs (3) et on s'arrange pour rester toujours dans la même maison.

Donc voilà. Je dirais pas que je me suis ennuyé ni que j'ai passé un mauvais moment... sauf la scène finale qui est vraiment pourrie, digne d'un mauvais film d'horreur. Ils ont quand même bien du s'amuser à le faire ce film... ça donne envie de sortir sa caméra!

Ma note:



Bon film!

La merditude des choses

Sortie le 30 décembre 2009
Réalisé par Felix Van Groeningen
Avec Johan Heldenbergh, Koen De Graeve, Pauline Grossen...

L'histoire:

Les années 80. Gunther Strobbe a 13 ans et vit dans un village paumé appelé Trouduc les Oyes au sein d'une famille aux mœurs bien étranges : La grand mère, petite femme gentille, son père, facteur un peu alcoolique, et ses 3 autres oncles, eux aussi adeptes de beuveries à n'en plus finir. Dans ce climat de bordel permanent, glandage et grossièretés, le jeune homme arrive tant bien que mal à se forger une identité avec des valeurs bien... particulières. Mais il sait qu'un jour il devra quitter le nid pour s'adonner à sa passion: l'écriture...


Mon avis:

Une saga familiale trash, marginale et... tendre!

En face de cette chronique d'une famille franchement dégueu, qui respire le mauvais gout, le vomi, les chansons paillardes et la pochtronerie, on commence par être choqué, puis l'amusement se mêle à la pitié, et on finit par s'attacher sincèrement avec tendresse à ces gens simples qui sont quand même de sacré personnages. Leur bon cœur, leur fierté d'être ce qu'ils sont, leur sens de la famille mais aussi leurs faiblesses...
Tellement que quand à la fin toute leur petite vie se désagrège face au temps, avec le départ du fils, la mort du père ou bien l'Alzheimer de la grand mère, on finit par éprouver une sincère mélancolie.
Et on revient de loin: J'aimerais pouvoir noter ici tous les petits détails du film qui rendent celui ci choquant et attachant à la fois: le tour de france des alcoolos, les chiottes dans la cour, le pochtron qui a une poche gastrique et veut montrer 'comment je chie', le concours du plus grand buveur de bière et la course à bicyclette nudiste,"Miracle! Miracle! J'ai la chatte toute mouillée! Et il ne pleut pas!"... de pire en pire, de plus en plus culotté! Et dire que c'est issu d'un roman autobiographique!
Le grain de l'image, très chaleureux, et l'ambiance années 80, rendent très bien la simplicité et la brutalité de ce monde.
Le seul petit bémol restent les flash backs avec le présent du narrateur, qui sont un peu gênant dans le déroulé de l'histoire, car ils nous sortent de l'univers décalé des personnages.

En bref, un bon petit film fait avec cœur et qui réussit avec audace à nous faire entrer dans un monde marginal...


Ma note:


Bon film!