L'Imaginarium du Docteur Parnassus

Film franco canadien
Sortie le 11 novembre 2009
Réalisé par Terry Gilliam
Avec: Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law, Colin Farrell, Christopher Plummer, Lily Cole, Verne Troyer, Andrew Garfield, Tom Waits...

L'histoire:

A bord de leur vieille roulotte de saltimbanques, le docteur Parnassus, sa fille et leur petite troupe voyagent dans Londres en proposant à leurs clients de passer à travers un miroir magique: celui ci les transportent temporairement dans un monde fantasmé où tous leurs rêves se réalisent. Ils ignorent qu'en fait le fameux docteur a mille années auparavant gagné un pari contre le diable: en échange il a acquis l'immortalité ainsi que le pouvoir de faire pénétrer les gens dans son monde imaginaire. Il y a 16 ans auparavant il a fait un autre pacte avec le diable: pouvoir conquérir l'amour de sa vie en échange de l'âme de son premier enfant. Devenu veuf, il ne lui reste plus que quelques jours avant que mr Nick (alias le diable) ne vienne réclamer son dû. Celui ci accepte néanmoins un dernier pari pour sauver l'âme de sa fille Valentina: le premier des 2 qui ramènera à lui 5 âmes gagnera celle de Valentina. Chaque victime qui franchit la porte du miroir de l'imaginaire du docteur se verra proposer un choix entre le bien et le mal, entre Parnassus et mr Nick.
C'est à ce moment que l'énigmatique Tony, amnésique retrouvé pendu au dessous d'un pont entre dans la vie de la petite troupe. Qui est il réellement et pourra-t-il aider le docteur Parnassus à sauver sa fille?


Mon avis:

Dés que l’on franchit le miroir du docteur Parnassus, tout devient possible, dans un monde où les échelles montent jusqu’aux nuages, où l'on peut valser sur des nénuphars, où les murs peuvent se démonter comme des puzzles, des paysages s’écarter comme des rideaux… Ces séquences, sorties tout droit de l’imaginaire du docteur Terry Gilliam, restent vraiment… magiques !

Du coup, la folie envahit un peu aussi le monde moderne, et rend parfois certaines scènes du monde 'réel' un peu chaotiques avec des personnages qui partent un peu dans tous les sens, à coup de courses poursuites à répétition, de disputes... On aurait un peu du mal à suivre le fil de l’histoire si elle n’était pas ponctuée justement par les scènes ‘de l’autre coté du miroir’.

Ici, le monde de l’imaginaire se heurte à notre monde moderne, qui est vivement critiqué (les seuls personnages issus du monde réel sont soit des loubards ivrognes, des truands russes, un enfant capricieux, des bourgeoises lubriques, même le personnage de Tony est un escroc menteur…).
Le docteur a donc préféré se renfermer dans un monde imaginaire mais clos, que seule sa fille, qui arrivée à l’age adulte, souhaite quitter pour rejoindre l’inconnu et une banale vie de famille: elle a le courage de vouloir sortir de l’enfance, de quitter ses rêves pour le monde de tous les jours. Comme il est dit dans le film : « Une fois que l’on arrête de raconter des histoires, ce sera alors la fin du monde! » Mais qu’est ce qu’il y a après la fin du monde? Les différents messages philosophiques du film, sur le rôle de l'imagination et du rêve dans notre vie de tous les jours font mouche.

Au niveau graphique, le film n'est pas aussi réussi que certains films de Gilliam (Brazil, le baron de Munchausen…) mais quand même assez pour nous faire rêver et pour nous offrir la vision d’un monde original et décalé, qui manque peut être de cohésion, à cause notamment de ses va et vient entre monde moderne et imaginaire.

Pour ce qui est du jeu des acteurs, on retrouve Heath Ledger à qui le film est dédié. En gros je ne suis pas très convaincu par son talent : il vocifère et s’agite sans vraiment donner de la profondeur à son personnage d’escroc arnaqueur paumé. Il a eu la bonne idée de décéder en plein milieu du tournage, chose qui se serait trouvée fatale pour le film si Terry Giliam n’avait eu l’idée géniale de le remplacer dans les scènes qui restaient – à savoir les scènes qui se passent à l’intérieur du miroir magique- par 3 autres acteurs (et pas des moindres : Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell), idée qui peut paraitre saugrenue mais qui en fait marche plutôt bien : comme l’escroc qu’il est dans la vie, le personnage doit changer sans cesse de visage pour révéler un nouveau masque.
Le reste de la distribution parait logique, avec notamment Tom Waits dans le personnage du diable (mais pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt ?).

Donc en gros : seulement 3 étoiles à cause de l’aspect un peu chaotique de certaines scènes, le film n’étant pas peaufiné comme pouvaient l’être d’autres films de Gilliam, mais l’originalité du film et des thèmes abordés fait qu’on passe un bon moment, et je n’ai pas regretté d’avoir payé 5€ ce soir là.

Ma note:

Bon film!

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