Le ruban blanc

Film autrichien
Sortie le 21 octobre 2009
Réalisé par Michael Haneke
Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch...

L'histoire:

Un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale. Des faits étranges se produisent peu à peu: le docteur du village est grièvement blessé suite à une chute de cheval provoquée par un câble dressé intentionnellement. Le petit garçon du baron est quand à lui ligoté et fouetté par des mains inconnues, etc... Nul ne sait qui sont les agresseurs, mais dans ce petit village de paysans, la vie est rude et les suspicions vont bon train. La vie des enfants au sein d'une société aussi rigide et religieuse est souvent très dure: celle de la fille du docteur, abusée par son père; celle des enfants du pasteur, punis sévèrement pour la moindre broutille, et dont le fils est ligoté à son lit la nuit pour ne pas souiller ses draps...
Les adultes, quand à eux, ne sont en effet pas très tendres envers ces enfants qu'ils façonnent comme des poupées, et ils ne se doutent pas que cette éducation va transformer ces enfants en monstres.
Seul le jeune maitre d'école commence à suspecter l'horrible vérité...


Mon avis:
Michael Haneke nous a habitué à des films obscurs, où les choses ne sont pas montrées directement mais suggérées, de manière à ce que chacun ai sa propre interprétation. Mais ici le message est clair: l'attitude et les règles des grands perturbent les enfants et en font des déséquilibrés...
Pourtant, on ne nous montre jamais ouvertement le comportement agressif des enfants, ni ce qu'ils pensent. Tout se fait off caméra, tout est supposé. Leur regard est néanmoins poignant.
Par contre on ne se gène pas pour nous montrer leur humiliation (inceste, punitions démesurées, coups, ...) et aussi les fautes et contradictions des adultes (la scène du médecin qui renie et humilie sa maitresse, celle de la comtesse qui quitte son mari, et celle où l'enfant orphelin apprend que sa mère n'est pas en voyage mais qu'elle est morte en lui donnant naissance).
Si le film contient des scènes assez dures, il est pourtant moins poignant que quand Haneke situe l'action de ses films dans le présent. D'habitude ses films ont un je-ne-sais-quoi de révoltant, alors que là la rigidité des traditions évoquées appartient au passé, et la manière très inhumaine de dresser les enfants pour qu'ils renient (en apparence) leurs plus bas instincts n'a plus vraiment cours de nos jours.
Bon c'est néanmoins un film à voir, comme tous les films de Haneke, même si il est quand même long. Il faut dire que dans la plupart de ses films précédents, la fin pouvait subvenir à tout moment, sans que l'histoire ne se termine réellement en nous donnant toutes les explications. Je me suis donc attendu à ce que le film s'arrête en plein milieu de l'intrigue, ce qui est un peu déroutant: à plusieurs moments je me suis dit "c'est bon c'est la fin du film", mais en fait non ça continuait... peut être aussi parce que le message du film est très vite compris et que l'on n'attend pas vraiment de rebondissement.
De plus, je trouve que l'aspect "monde des enfants contre monde des adultes" est un peu manichéen (en un sens)...
En sortant du film, je me suis rendu compte que je pouvais facilement faire le parallèle avec un autre film vu il y a 3 jours: "Away we go". Autre film sur l'éducation des enfants mais qui se passe de nos jours mais avec une atmosphère moins... tendue!

Ma note:


Bon film!



Away we go

Film américain
Sortie le 4 novembre 2009
Réalisé par Sam Mendes
Avec: John Krasinski, Maya Rudolph, Maggie Gyllenhaal...

L'histoire:

Burt et Verona forment un couple de trentenaires un peu bohèmes et tranquilles... mais à 6 mois de grossesse, Verona arbore déjà un gros ventre qui annonce un évènement important dans leur vie: leur premier enfant! Décontenancés par l'attitude des parents de Burt, qui déménagent en Europe juste avant l'accouchement, ils décident donc de déménager eux aussi et entament un voyage à la rencontre de leurs différents amis et familles, disséminés dans diverses villes des USA. Mais plus qu'une simple recherche de foyer, c'est en fait une recherche des 'parents' qu'ils vont devenir qu'ils entament, car à travers les 'parents' que sont devenus chacun de leurs amis, ils découvrent des conceptions bien différentes de la parenté...


Mon avis:

Ce film est à ranger dans la catégorie 'Films intellos'. Non pas que le thème abordé soit particulièrement original, mais la manière de l'aborder est très précise: on veut nous faire réfléchir à ce que c'est que d'être parents... Même si la conclusion du film parait évidente: il y a autant de façons d'être parent que de parents!
Sans l'avoir vu le film me faisait penser à 'Broken flowers' de Jim Jarmusch: le gars qui se cherche en tant que père, etc... et c'est vrai que le film y fait penser, même si il est moins original dans sa forme(le style de Jarmusch étant particulier). Il a à peu près le même déroulement: un voyage initiatique, avec à chaque fois des rendez vous préprogrammés avec des personnages cocasses...

Mais bon ce n'est pas pour cela que le film choisit la facilité: les prototypes de parents qui nous sont présentés ne sont pas de bêtes caricatures. Il y a vraiment eu une recherche pour créer des personnages au caractère certes éxagérément grossi, mais chacun singulier dans sa façon d'être.
Cela va de la mère sans gène qui affirme tout haut que sa fille est une gouine refoulée, du père qui coupe la fin des films pour ne pas traumatiser ses enfants, en passant par la mère baba cool qui refuse d'utiliser la poussette car 'cela signifie que tu veux pousser ton enfant loin de toi'.

De la façon de s'habiller jusqu'aux expressions des personnages, tout est calculé. Chaque petit détail accumulé donne au film une atmosphère particulière. Très calme et reposé. Et il est réalisé avec beaucoup d'intelligence, on dirait presque un premier film.
Quand aux acteurs, les 2 principaux en tête, ils sont tous très bons et chacune de leur réplique sonne vrai: on 'voit' chacun des personnage et ils deviennent attachant ou repoussants dés le premier coup d'oeil...

Bon, j'ai trouvé la fin un peu gnangnan quand même... On cherche à nous faire verser une larme: ça n'a pas marché pour moi.

Donc voilà. Même si ce n'est pas un film inratable, il est très plaisant et fait avec une minutie qui force le respect.

Ma note:

Bon film!

L'Imaginarium du Docteur Parnassus

Film franco canadien
Sortie le 11 novembre 2009
Réalisé par Terry Gilliam
Avec: Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law, Colin Farrell, Christopher Plummer, Lily Cole, Verne Troyer, Andrew Garfield, Tom Waits...

L'histoire:

A bord de leur vieille roulotte de saltimbanques, le docteur Parnassus, sa fille et leur petite troupe voyagent dans Londres en proposant à leurs clients de passer à travers un miroir magique: celui ci les transportent temporairement dans un monde fantasmé où tous leurs rêves se réalisent. Ils ignorent qu'en fait le fameux docteur a mille années auparavant gagné un pari contre le diable: en échange il a acquis l'immortalité ainsi que le pouvoir de faire pénétrer les gens dans son monde imaginaire. Il y a 16 ans auparavant il a fait un autre pacte avec le diable: pouvoir conquérir l'amour de sa vie en échange de l'âme de son premier enfant. Devenu veuf, il ne lui reste plus que quelques jours avant que mr Nick (alias le diable) ne vienne réclamer son dû. Celui ci accepte néanmoins un dernier pari pour sauver l'âme de sa fille Valentina: le premier des 2 qui ramènera à lui 5 âmes gagnera celle de Valentina. Chaque victime qui franchit la porte du miroir de l'imaginaire du docteur se verra proposer un choix entre le bien et le mal, entre Parnassus et mr Nick.
C'est à ce moment que l'énigmatique Tony, amnésique retrouvé pendu au dessous d'un pont entre dans la vie de la petite troupe. Qui est il réellement et pourra-t-il aider le docteur Parnassus à sauver sa fille?


Mon avis:

Dés que l’on franchit le miroir du docteur Parnassus, tout devient possible, dans un monde où les échelles montent jusqu’aux nuages, où l'on peut valser sur des nénuphars, où les murs peuvent se démonter comme des puzzles, des paysages s’écarter comme des rideaux… Ces séquences, sorties tout droit de l’imaginaire du docteur Terry Gilliam, restent vraiment… magiques !

Du coup, la folie envahit un peu aussi le monde moderne, et rend parfois certaines scènes du monde 'réel' un peu chaotiques avec des personnages qui partent un peu dans tous les sens, à coup de courses poursuites à répétition, de disputes... On aurait un peu du mal à suivre le fil de l’histoire si elle n’était pas ponctuée justement par les scènes ‘de l’autre coté du miroir’.

Ici, le monde de l’imaginaire se heurte à notre monde moderne, qui est vivement critiqué (les seuls personnages issus du monde réel sont soit des loubards ivrognes, des truands russes, un enfant capricieux, des bourgeoises lubriques, même le personnage de Tony est un escroc menteur…).
Le docteur a donc préféré se renfermer dans un monde imaginaire mais clos, que seule sa fille, qui arrivée à l’age adulte, souhaite quitter pour rejoindre l’inconnu et une banale vie de famille: elle a le courage de vouloir sortir de l’enfance, de quitter ses rêves pour le monde de tous les jours. Comme il est dit dans le film : « Une fois que l’on arrête de raconter des histoires, ce sera alors la fin du monde! » Mais qu’est ce qu’il y a après la fin du monde? Les différents messages philosophiques du film, sur le rôle de l'imagination et du rêve dans notre vie de tous les jours font mouche.

Au niveau graphique, le film n'est pas aussi réussi que certains films de Gilliam (Brazil, le baron de Munchausen…) mais quand même assez pour nous faire rêver et pour nous offrir la vision d’un monde original et décalé, qui manque peut être de cohésion, à cause notamment de ses va et vient entre monde moderne et imaginaire.

Pour ce qui est du jeu des acteurs, on retrouve Heath Ledger à qui le film est dédié. En gros je ne suis pas très convaincu par son talent : il vocifère et s’agite sans vraiment donner de la profondeur à son personnage d’escroc arnaqueur paumé. Il a eu la bonne idée de décéder en plein milieu du tournage, chose qui se serait trouvée fatale pour le film si Terry Giliam n’avait eu l’idée géniale de le remplacer dans les scènes qui restaient – à savoir les scènes qui se passent à l’intérieur du miroir magique- par 3 autres acteurs (et pas des moindres : Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell), idée qui peut paraitre saugrenue mais qui en fait marche plutôt bien : comme l’escroc qu’il est dans la vie, le personnage doit changer sans cesse de visage pour révéler un nouveau masque.
Le reste de la distribution parait logique, avec notamment Tom Waits dans le personnage du diable (mais pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt ?).

Donc en gros : seulement 3 étoiles à cause de l’aspect un peu chaotique de certaines scènes, le film n’étant pas peaufiné comme pouvaient l’être d’autres films de Gilliam, mais l’originalité du film et des thèmes abordés fait qu’on passe un bon moment, et je n’ai pas regretté d’avoir payé 5€ ce soir là.

Ma note:

Bon film!

2012

Film américain
Sortie le 11 novembre 2009
Réalisé par Roland Emmerich
Avec: John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, Oliver Platt, Thandie Newton, Danny Glover, Woody Harrelson, Thomas McCarthy...

L'histoire:

En 2009, le scientifique Adrian Helmsley fait une découverte stupéfiante: le soleil émet soudainement des ondes qui vont provoquer une réaction en chaine dans les entrailles de notre terre. D'énormes cataclysmes et le changement radical de la géologie de la planète nous attendent: des continents vont subitement se fissurer et disparaitre sous les eaux. Fin du monde prévue en 2012! Il croit bon d'avertir le gouvernement des USA. 3 ans plus tard pourtant, l'horrible vérité n'a toujours pas été révélée au public, malgrés des tremblements de terre de plus en plus fréquents notamment en Californie. Les gouvernements du monde construisent en secret d' immenses arches de Noé où les plus fortunés de la planète pourront trouver refuge au jour J.
Le film suit les déboires de Jackson Curtis, romancier californien un peu paumé qui essaie de sauver sa famille de l'apocalypse en rejoignant ces arches. Une véritable course contre la montre se déclenche d'autant plus que tout se précipite, et que le jour J c'est aujourd'hui, et que le monde se détruit sous leurs yeux...



Mon avis:

Les mayas l'avaient prédit: On n'en a plus pour très longtemps! J'espère seulement une chose, c'est que si la fin du monde vient en 2012, elle sera moins mièvre et naïve que ce film.

On a l'impression que maintenant à Hollywood, on fait des films pour la seule raison de montrer son savoir faire en matière d'effet spéciaux... Bon c'est sur de ce coté ils se débrouillent pas mal mais bon, pour ce qui est de l'histoire, les scénaristes ont tendance à remplir les trous avec tout ce qu'ils ont sous la main: un petit coup de La guerre des mondes(la fuite en voiture, le père divorcé et ses gosses), un petit coup de Mars Attacks(Las Vegas détruite, la fuite en avion), un petit coup de James Bond (une voiture larguée de l'avion sur un lac gelé), un petit coup de Titanic(attention à la vague), etc...
Et bien sûr, voici la morale à 2 balles: on se charge de faire mourir les personnages qui sont génant, à la fin le fameux laïus 'aidons nous les uns les autres' et on finit par une happy end de façade... en oubliant que 3/4 de la population mondiale vient de disparaitre en quelques jours.
Il n'y a pas de tristesse, pas de réel sentiment envers le devenir dramatique du monde... Par exemple je ne pense pas que les rescapés qui ont frolé la mort dans les tours du World Trade Center aient pu retrouver si facilement le sourire, ou en tout cas sans être marqués à vie.

Alors, y-a-t-il un message au film? Quelque chose qui nous permette d'attendre sereinement 2012? Peut être celui là: Finalement la fin du monde ne sera pas si horrible que ça: il suffira d'avoir beaucoup beaucoup de chance et beaucoup de bougeotte comme les héros du film... et tout finira bien! Un genre de long message publicitaire de 2h30: "La fin du monde? L'essayer c'est l'adopter."

Donc en quelques mots: C'est sûr, c'est un film d'action à 200 à l'heure et on ne s'embête pas, sauf qu'au bout d'un moment ça devient tellement lourd que le sujet du film, à savoir la fin de notre civilisation, finit par passer à la trappe.

Ma note:

Bon film!